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Appel à publication de la revue Histoire sociale/Social history "Esclavage, mémoire et pouvoir : Commémorer les 170 ans de l’abolition de l’esclavage en France"

Le 11 juin 2017 à 16h16

Appel à publication de la revue Histoire sociale/Social history

"Esclavage, mémoire et pouvoir
Commémorer les 170 ans de l’abolition de l’esclavage en France"

"Slavery, Memory, and Power :
Commemorating 170 years Since the French Abolition of Slavery"



Appel à publication jusqu’au 15 juin 2017

"L’héritage de la traite négrière atlantique et de l’esclavage dans les anciennes colonies françaises continue d’être un sujet de contestation dans l’imagination populaire. En décembre 2016, une statue commémorant l’abolition d’esclavage en 1848 située à Pau (France) a été vandalisée. Érigée au XIXe siècle, le site de commémoration est centré sur un buste représentant un esclave noir levant les yeux vers le ciel. Durant la nuit du 26 décembre, des vandales déversèrent de la peinture blanche sur le buste et y griffonnèrent l’inscription « nazi ».
Si 1848 marque la fin officielle de l’esclavage dans les colonies de l’empire français, les dynamiques de race, d’esclavage et de liberté se sont manifestées de manières très diverses au cours des XVIIIe et XIXe siècles. L’historienne Sue Peabody a depuis longtemps souligné l’ironie de la participation de la France à la traite négrière et de la pratique du travail forcé dans ses colonies au moment-même où elle développait un discours radical fondé sur la liberté, l’égalité et la citoyenneté. Selon Peabody, le principe du « sol libre » pratiqué par la France garantissait la liberté immédiate à tous les esclaves qui posaient le pied sur le sol français. Malgré cette loi, l’économie française a continué à bénéficier de l’asservissement des noirs à travers l’empire colonial français, des Caraïbes à l’océan Indien.
Il avait fallu attendre 1794 et une révolution d’esclaves à Saint-Domingue (actuel Haïti), pour que la Convention nationale française prescrive l’abolition d’esclavage dans ses colonies antillaises – mais le décret fut de courte durée. Face à un mouvement de résistance à l’ordre colonial très fort, la France utilisa une stratégie de terreur contre les rebelles, et l’esclavage fut rétabli à Saint-Domingue, en Guadeloupe et en Guyane française entre 1802 et 1803. Seule Saint-Domingue parvint à faire face au gouvernement français, et déclara son indépendance le 1er janvier 1804. Ce n’est qu’en 1848 que l’esclavage fut aboli légalement dans les colonies de l’empire français. L’efficacité du décret d’abolition fut très variée. Dans les colonies françaises d’Afrique, telles que le Sénégal et l’Algérie, la liberté pour tous ne suivit pas immédiatement l’abolition de 1848. En réalité, selon les mots de l’historien Paul Lovejoy, en Afrique la fin de l’esclavage est arrivée par « mort lente » (Paul Lovejoy, 1993 ; Martin Klein, 1998).
Des historiennes comme Nora Schmidt et Myriam Cottias ont suggéré que la base du discours national de France sur l’histoire de l’esclavage et l’abolition a été influencé par « les silences » et « les mythes ». Afin de remédier à ces critiques, l’État a fait des efforts visibles pour reconnaître le rôle de la France dans les systèmes esclavagistes. En mai 2016, le président François Hollande a annoncé la création de la Fondation pour la mémoire de l’esclavage, des traites et de leurs abolitions. L’organisme a pour mission d’établir un musée de l’esclavage à Paris. Cette annonce arrive une année après l’ouverture du Mémorial ACTe situé à Pointe-à-Pitre en Guadeloupe, un site commémoratif consacré à la mémoire collective de l’esclavage. Malgré ces efforts, les débats sur la manière dont l’histoire de l’esclavage devrait être écrite et enseignée restent vifs.
2018 marquera le 170e anniversaire de l’abolition d’esclavage dans les anciennes colonies françaises. Les rédacteurs invités ont l’intention de soumettre une sélection d’articles pour parution au sein d’un numéro spécial de la revue Histoire sociale / Social History intitulé « Esclavage, mémoire, et pouvoir : Commémorer les 170 ans de l’abolition de l’esclavage en France ».
Ce numéro spécial présentera des articles qui explorent l’histoire sociale comme un lieu de mémoire et analysent l’esclavage et l’abolition dans les contextes coloniaux français. Nous encourageons la soumission d’articles qui interviennent dans des débats sur la mémoire, le pouvoir et l’esclavage.

Sujets suggérés :


- de la périphérie vers le centre : les Antilles dans l’histoire de l’abolition française.
- au-delà de Victor Schœlcher : les héros méconnus de l’abolition française.
- d’esclave à citoyen : race et nation dans l’empire français.
- histoire sociale, esclavage et la question de la réparation.
- silences et mythes dans les discours sur l’esclavage et l’abolition.
- perspectives subalternes : l’esclavage et l’abolition.
- genre et abolition dans l’empire français.
- le décret de 1848 en Afrique : Sénégal et Algérie.
- histoire sociale et imaginaire commun.
- histoire sociale comme « histoire utile » dans les discours sur l’esclavage et l’abolition.
- commémorations, monuments et musées.
- histoire sociale et débats contemporains sur l’esclavage.



Nous vous invitons à envoyer un C.V. et un résumé pour considération à Madame Audra DIPTEE (professeure agrégée d’histoire, Université Carleton) : audra.diptee@carleton.ca

Date de tombée des résumés (300-400 mots) : 15 juin 2017
Date de tombée des articles : 31 mars 2018

La revue Histoire Sociale / Social History est bilingue et publie des articles en français et en anglais.

Source de l’information :
http://hssh.journals.yorku.ca/index.php/hssh/
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