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Les jeudis de la BRA (Bibliothèque de recherches africaines) 2018-2019

Le 12 juin 2019 à 16h21

Les jeudis de la BRA
L’actualité éditoriale de l’IMAF
2018-2019



Séance du 13 juin 2019 avec Camille Lefebvre et M’hamed Oualdi
"Temporalités du temps colonial", sous la direction de Camille Lefebvre et M’hamed Oualdi, Annales. Histoire, Sciences sociales, n° 4, Éditions de l’EHESS, 2017.
Ce numéro des Annales porte sur les débuts du moment colonial en Afrique de l’Ouest et au Maghreb. À travers des contributions sur le Niger, la Tunisie, l’Algérie et le Sahel, il s’agit de s’interroger sur les temporalités du moment colonial en observant ce que la colonisation doit à la période qui l’a précédée. En effet, l’irruption coloniale ne fait pas disparaître les mondes et les historicités auxquels elle tente de s’imposer. De la sorte, une histoire du fait colonial qui ne donne pas toute leur place aux sociétés et aux acteurs à partir de leurs langues, de leurs archives et de leurs pratiques sociales manque une partie de son objet.
Au contraire, en repartant de la diversité de la documentation disponible et des articulations fines entre sociétés africaines et colonisateurs, il est possible de restituer toute la complexité, la dynamique et la stratification sociale de ces mondes de rencontres trop souvent vus à travers le prisme européen.

Discutante : Cécile Vidal

Programme 2018-2019

- 29 novembre 2018 : Thomas Fouquet, Odile Goerg présentent :
Citadinités subalternes en Afrique, Karthala, 2018.
Et si la vie urbaine en Afrique ne se réduisait pas au dysfonctionnement, à l’inadaptation, voire au chaos ? Ou plus exactement, est-ce qu’il n’existerait pas sous les désordres apparents d’autres logiques citadines plus subtiles, fluides et moins aisément perceptibles, participant à la réinvention permanente de la cité et des frontières qui la jalonnent ? Ces autres récits de et dans la ville sont au cœur de cet ouvrage, qui les aborde dans leur dimension aussi bien anthropologique, géographique qu’historique. C’est à travers des histoires de corps, d’imaginaires mis en actes, d’espoirs d’autres lendemains, de difficultés et de souffrances également, qu’une autre ville se donne à voir, moins immédiatement saisissable et néanmoins indubitablement vivace.
Affiche de la séance
Présentation de la séance sur le site de l’IMAF
Discutant : Richard Banégas.

- Vendredi 21 décembre 2018 : Gilles Holder
Les politiques de l’islam en Afrique. Mémoires, réveils et populismes islamiques, Karthala, 2018.
"En Afrique, depuis une trentaine d’années, les organisations musulmanes ont pris pied dans l’espace public et sont parvenues à faire émerger un nouveau champ politique qui se définit moins sur un plan institutionnel que par ce que font politiquement les gens. Alors que les pouvoirs d’État, convertis au libéralisme, opèrent une sorte de transfert de la raison politique vers la sphère économique, les sociétés procèdent en parallèle au transfert de cette même raison vers une sphère religieuse, où chacun peut agir politiquement sans que cela soit perçu comme tel.
La redéfinition en cours des espaces de l’agir public à travers une éthique islamique est précisément ce dont traite cet ouvrage. D’un réenchantement à l’autre, de celui du religieux à celui du politique, l’islam comme espace d’affirmation d’une identité africaine permet de relire les mémoires, les réveils et les populismes du continent. Entre conservatisme et postmodernité, foi et citoyenneté, éthique et action publique, islam politique et islamisation du politique, les politiques de l’islam en Afrique proposent de mettre en place une guidance démocratique de l’État et de la société, sous l’égide du gouvernement d’Allah."

Affiche de la séance
Présentation de la séance sur le site de l’IMAF
Discutant : Marc-Antoine Pérouse de Montclos.

- 31 janvier 2019 : Anne Hugon, Violaine Tisseau interviennent à propos de l’ouvrage :
Sexe, race & colonies. La domination des corps du XVe siècle à nos jours, Pascal Blanchard, Nicolas Bancel, Gilles Boëtsch, Dominic Thomas, Christelle Taraud (dir.), La Découverte, 2018.
"Sexualité, domination et colonisation.
Trois termes qui se croisent et s’enchevêtrent tout au long de six siècles de pratiques, d’histoire et de représentations à l’échelle mondiale et de tous les Empires. 1 200 illustrations complexes car troublantes, bouleversantes, choquantes, et parfois violentes, constituent le cœur de Sexe, race & colonies pour interroger explicitement, grâce aux contributions d’une centaine d’auteurs, la manière dont les pays colonisateurs ont (ré)inventé l’« Autre » pour mieux le dominer, prendre possession de son corps et de son territoire.
Traversant six siècles d’histoire (de 1420 à nos jours) au creuset de tous les empires coloniaux, depuis les conquistadors, en passant par les systèmes esclavagistes et jusqu’à aujourd’hui et la période postcoloniale, ce livre explore le rôle central du sexe dans les rapports de pouvoir."


Affiche de la séance
Présentation de la séance sur le site de l’IMAF
Discutants : Pascale Barthélémy, Laurent Fourchard (sous réserve).

- 14 février 2019 : Pascale Barthélémy et Emmanuelle Bouilly
Nb. Séance prévue initialement le 21 février et avancée au 14 février.
"Femmes africaines et mobilisations collectives (années 1940-1970)", paru dans Le Mouvement social, n° 255, Emmanuelle Bouilly et Ophélie Rillon (dir.), La Découverte, 2016.
"Les luttes contre la domination coloniale dans les années 1940-1950 ont jusqu’ici été principalement analysées comme un face-à-face entre les métropoles et leurs colonies. Cet article propose un changement d’échelle et d’angle d’analyse, en s’intéressant à la manière dont des Africaines articulent les impératifs de libération nationale et l’internationalisme, utilisent l’arène internationale pour structurer leur lutte localement mais aussi pour contourner la domination masculine et faire face à la répression française. Il s’agit plus précisément de retracer l’histoire des contacts et des échanges entre des femmes d’Afrique occidentale française (Ivoiriennes, Sénégalaises, Maliennes entre autres) et la Fédération démocratique internationale des femmes (FDIF), créée en 1945 à Paris. Cette organisation encore mal connue fut la plus importante des structures féminines internationales en nombre de membres dans les années 1950. À partir d’archives coloniales, du bulletin mensuel de la FDIF et de témoignages publiés, l’article interroge l’écho que la FDIF a pu avoir auprès des Africaines et surtout l’utilisation qu’elles ont faite de leurs liens avec cette fédération pour s’organiser en sections féminines militantes, autonomes mais dépendantes des hommes du Rassemblement démocratique africain (RDA), principal parti d’opposition au pouvoir colonial à l’époque. La présence de ces femmes dans les congrès internationaux de la FDIF, leurs modes d’action, les références et valeurs auxquelles elles adhèrent sont ici décryptés selon une triple perspective d’histoire des femmes et du genre, d’histoire transnationale et d’histoire connectée."
Discutante : Sara Panata.

Affiche de la séance
Présentation de la séance sur le site de l’IMAF

- 9 mai 2019 : Silvia Bruzzi, Laurence Marfaing et Emmanuelle Bouilly
Femmes d’Afrique et émancipation : Entre normes sociales contraignantes et nouveaux possibles, sous la direction de Muriel Gomez-Perez, chez Karthala, 2018.
Face aux changements politiques (colonisation, décolonisation, autoritarismes et démocratisation), socioéconomiques (libéralisation, mondialisation des échanges, flexibilité et précarisation de l’emploi, bouleversements au sein de la famille) et religieux (montée de la piété, médiatisation du religieux, émergence de nouvelles autorités) en Afrique, les femmes ont inlassablement et profondément posé leur marque.
En écho à ces différents contextes, ce livre s’inscrit dans plusieurs tendances de la recherche : faire état de l’hétérogénéité du militantisme politique féminin et des recompositions des rapports de genre au cours du XXe siècle ; revisiter les concepts d’empowerment et de religious agency et démontrer leur efficience et leurs limites sur le terrain empirique ; analyser les conditions dans lesquelles s’inscrivent les migrations internationales des femmes et leurs effets sur leur statut, leur vie de couple, leur vie familiale et leurs aspirations.
La perspective de cet ouvrage est de faire état de processus émancipatoires distincts et ambivalents, voire contradictoires de femmes non seulement à travers leurs luttes et prises de position politiques ainsi qu’à travers leurs choix d’activités professionnelles, mais aussi en fonction du rapport au corps, des hiérarchies et normes sociales contraignantes, des référents culturels souvent normatifs et des nouvelles opportunités existantes et ce, à différentes échelles (couple, famille, sphère publique, scènes locale, nationale, sous régionale et internationale, zone urbaine/rurale). Aussi, il s’agit d’analyser les forces et limites de ces processus émancipatoires, leurs avancées et leurs reflux pour montrer en quoi ils sont en cours de construction, fragiles et lents. Cette lecture nuancée de ces dynamiques a été menée selon une optique pluridisciplinaire et un souci de mener des recherches empiriques dans plusieurs pays du continent.

Discutante : Violaine Tisseau

Affiche de la séance
Présentation de la séance sur le site de l’IMAF

- 13 juin 2019 : Camille Lefebvre, M’hamed Oualdi
"Temporalités du temps colonial", sous la direction de Camille Lefebvre et M’hamed Oualdi, Annales. Histoire, Sciences sociales, n° 4, Éditions de l’EHESS, 2017.
Ce numéro des Annales porte sur les débuts du moment colonial en Afrique de l’Ouest et au Maghreb. À travers des contributions sur le Niger, la Tunisie, l’Algérie et le Sahel, il s’agit de s’interroger sur les temporalités du moment colonial en observant ce que la colonisation doit à la période qui l’a précédée. En effet, l’irruption coloniale ne fait pas disparaître les mondes et les historicités auxquels elle tente de s’imposer. De la sorte, une histoire du fait colonial qui ne donne pas toute leur place aux sociétés et aux acteurs à partir de leurs langues, de leurs archives et de leurs pratiques sociales manque une partie de son objet.
Au contraire, en repartant de la diversité de la documentation disponible et des articulations fines entre sociétés africaines et colonisateurs, il est possible de restituer toute la complexité, la dynamique et la stratification sociale de ces mondes de rencontres trop souvent vus à travers le prisme européen.

Discutante : Cécile Vidal

Affiche de la séance
Présentation de la séance sur le site de l’IMAF

Source de l’information :
http://imaf.cnrs.fr/spip.php?article2893
Un chaleureux merci à Aurélie Albespy pour la reprise en main de ces fameux jeudis de la BRA et pour nous en tenir informer régulièrement !