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Appel à communication pour le Journal de la Société des Océanistes sur le thème « Indopacifique : contextualisation et logique d’enjeux d’une notion en plein essor »

Le 18 mars 2019 à 13h33

Appel à communication
Journal de la Société des Océanistes
Dossier « Indopacifique : contextualisation et logique d’enjeux
d’une notion en plein essor »



"Ces dernières années, l’Océanie est l’objet d’intérêts stratégiques nouveaux qui concourent à faire émerger ceux d’une région longtemps à la marge des relations internationales. Depuis la fin de la Guerre froide, au cours de laquelle le Pacifique insulaire faisait figure de « lac américain », de nouvelles puissances manifestent leur intérêt pour les enjeux politiques, diplomatiques, économiques et environnementaux de cette vaste région. La présence de plus en plus marquée de la Chine populaire dans la zone comme l’intérêt que manifestent depuis peu d’autres États tels la Russie, l’Inde ou les Émirats Arabes unis interpellent les puissances historiquement impliquées (Australie, Nouvelle-Zélande, États-Unis, France, Japon notamment) et les poussent à revoir leurs politiques à l’égard des États et territoires du Pacifique. Lors des discours que le président de la république a prononcé au cours de son déplacement en Australie et en Nouvelle-Calédonie en mai 2018, le chef de l’État a consacré une large place aux enjeux stratégiques qui traversent le Pacifique et a clairement positionné la France dans un « axe indopacifique » cherchant à limiter l’influence chinoise tout en profitant des opportunités offertes par son développement. Certes la notion d’Indopacifique n’est pas nouvelle, mais il reste à définir ce qu’elle représente pour les États qui s’en revendiquent (Australie, Japon, Inde, France), à déterminer si leurs visions sont concordantes et/ou compatibles et à évaluer la résonance de cette notion dans les États et territoires du Pacifique.
Le Journal de la Société des Océanistes a régulièrement ouvert ses pages aux enjeux internationaux et régionaux qui traversent la région et il semble important que la revue participe à la réflexion en cours sur la notion d’Indopacifique. Après une introduction qui proposera une contextualisation de la notion d’« Indopacifique » et de sa construction historiographique, nous souhaiterions que les contributions au dossier explorent les enjeux politiques, diplomatiques, sociaux et culturels de cette notion.
Un enjeu essentiel de ce dossier consiste donc à définir ce que recouvre le terme Indopacifique et les représentations qu’il véhicule. Si cette notion est très actuelle, elle n’est pas nouvelle et il importe donc de la resituer dans son historicité et les lectures plurielles qui peuvent en être faites. Les nombreux acteurs qui la portent, l’investissent en effet de définitions et de cadrages géographiques divers qu’il est nécessaire d’analyser.
Il s’agit notamment de questionner la vision pour le Pacifique qu’implique la notion Indopacifique pour les différents acteurs qui l’emploient : en quoi le dépassement du cadre Pacifique par celui d’Indopacifique et le positionnement face à la Chine qu’il suppose, fait-il évoluer le regard et/ou les politiques des États qui s’en réclament, à l’égard des États et territoires du Pacifique ? Ainsi, la notion Indopacifique dont s’est saisie l’État français, à quelques mois du premier référendum d’autodétermination de la Nouvelle-Calédonie, signifie-t-elle une réévaluation du positionnement de la France à l’égard de l’avenir de cet archipel ou plus largement de ses collectivités ultramarines des océans Indien et Pacifique ? Il est également nécessaire de discuter de la concrétisation d’un axe et/ou d’un espace Indopacifique au-delà des déclarations politiques et diplomatiques : Se traduit-il, par exemple, par de nouvelles coopérations politiques, diplomatiques et/ou militaires ? Est-ce seulement un narratif géostratégique pour accompagner la stratégie occidentale de containment à l’encontre à la Chine ou dessine-t-il une nouvelle alliance fondée autour de nombreux intérêts partagés ?
En outre, il est indispensable de questionner la résonance de la notion chez les États insulaires : cet axe est-il investi par les États de la zone ? Influe-t-il sur l’orientation de leur diplomatie ? Le questionnement de la notion à l’échelle des États et territoires d’Océanie sera privilégiée.
Enfin, ce changement de cadre géographique peut interpeller les sciences sociales quant aux représentations dont le Pacifique est investi : bassin Pacifique, Asie-Pacifique, Océanie, Indopacifique… ces dénominations multiples qui impliquent des jeux d’échelles sont-elles pertinentes ? Que disent-elles des intérêts des États et institutions qui les portent ? Sont-elles investies par les acteurs et populations concernées ? Au-delà, la notion d’Indopacifique a-t-elle une réalité sociétale où ne peut-elle être qu’une représentation d’enjeux stratégiques conjoncturels ?
Bien que questionnant une notion relevant de la géopolitique et des relations internationales, ce dossier se veut pluridisciplinaire et les coopérations (politistes/anthropologues ; linguistes/géographes par exemple) seront particulièrement appréciées. Nous attacherons une attention particulière aux propositions questionnant la sémantique ; resituant l’historicité de la notion et de ses enjeux ; interrogeant les représentations qu’elle véhicule et proposant une approche « bottom-up »."



Calendrier prévisionnel
Diffusion de l’appel : autour du 15/20 février 2019 si possible
Retour des titres provisoires et résumés : 30 mars 2019
Retour de la première version des articles : début septembre 2019
Retour aux auteurs et corrections : octobre à novembre 2019
Remise définitive de l’article : décembre 2019-janvier 2020
Parution possible prévue : juin 2020

Toutes les correspondances sont à adresser aux éditeurs scientifiques du dossier, à Sarah Mohamed-Gaillard (sarah.mohamed75@gmail.com) et Bastien Vandendyck (vandendyck.bastien@gmail.com) et à la rédaction du jso : la rédactrice en chef, leblic@vjf.cnrs.fr et la secrétaire de rédaction, Raphaelle.CHOSSENOT@cnrs.fr

Dossier porté par :
Sarah Mohamed-Gaillard, maître de conférences en histoire contemporaine, inalco, cessma umr 245
Bastien Vandendyck, analyste en relations internationales, spécialiste des questions océaniennes.


Source de l’information :
https://journals.openedition.org/jso/9839
http://www.oceanistes.org/oceanie/les-editions-de-la-sdo/journal-de-la-societe-des-oceanistes/
Nous tenons à remercier chaleureusement nos collègues Sarah Mohamed-Gaillard et Bastien Vandendyck pour nous avoir communiqué ce précieux appel à communication.