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Exposition "L’Art de manger. Rites et traditions" au Musée Dapper (jusqu’au 12 juillet 2015)

Le 11 juin 2015 à 12h15

L’Art de manger
Rites et traditions

15 octobre 2014 - 12 juillet 2015
Musée Dapper - 35 bis, rue Paul Valéry - Paris 16e



"Week-end Porte ouvertes
Samedi 13 et dimanche 14 juin 2015 Deux journées sur entrée libre au Musée Dapper
Une occasion de découvrir ou redécouvrir l’exposition L’art de manger, rites et traditions. Des visites commentées gratuites seront proposées tout au long du week-end.
Pour les adultes : 13 juin à 11 h et 15 h, et 14 juin à 11 h
Pour la famille : 14 juin à 15 h.
Le nombre de places pour les visites guidées étant limité, nous vous remercions de réserver dès maintenant : (reservation@dapper.fr ou 01 45 0091 75)



MANGER L’AUTRE
Conférence-débat


Avec Georges Guille-Escuret et Gilles Bounoure (coauteurs de l’ouvrage L’Art de manger, rites et traditions)
Modératrice : Isabelle Leblic

Samedi 20 juin à 14 h 30 Durée : Environ 2 h
Réservation souhaitée au 01 45 00 91 75 ou à partir du mail reservation@dapper.fr
Tarifs : Entrée libre

"En Afrique, en Insulinde et en Océanie, les pratiques magico-religieuses ont été fortement remises en cause et combattues par les occupants venus d’Occident. Dans le même esprit, l’évangélisation et la recherche d’exotisme ont largement contribué à imposer des images qui prétendaient révéler des actes « barbares » comme le cannibalisme. Mais force est de constater que l’anthropophagie a ses raisons.

« Pourquoi manger l’autre ? »
Cette rencontre permettra d’apporter des éléments de réponse et montrera combien les pratiques du cannibalisme sont diverses et correspondent à des besoins particuliers.

Les intervenants
Georges Guille-Escuret est directeur de recherche au CNRS (Centre Norbert Elias, Marseille). Plusieurs de ses essais visent à dépasser les confusions supportées par des lignes de démarcation houleuses (nature/culture, évolution/histoire...), dont les trois volumes de sa Sociologie du cannibalisme (PUF) qui clarifient ces questions sur un support idéologiquement très épineux.
Gilles Bounoure a toujours été en contact avec des objets provenant d’Insulinde et du Pacifique. A côté de recherches et de publications sur l’Antiquité gréco-latine et le Moyen Âge occidentale, il a longtemps travaillé à la revue Arts d’Afrique noire – Arts premiers et appartient depuis de nombreuses années au comité de rédaction du Journal de la société des Océanistes. Il collabore également à d’autres périodiques comme critique d’art.



La thématique de cette exposition s’attache à mettre en lumière des traditions, des savoirs et des actes qui se vivent au quotidien ou de façon exceptionnelle, lors de cérémonies ou de rituels en Afrique, en Insulinde et en Océanie.

Commissaires de l’exposition :
Christiane Falgayrettes-Leveau, directeur du musée Dapper
Anne van Cutsem-Vanderstraete, historienne de l’art
avec la collaboration de Gilles Bounoure, pour l’Insulinde et l’Océanie
Scénographie :
Marc-Olivier Trouvin, architecte

"Les aliments liquides ou solides, de même que les préparatifs liés à leur absorption ou les offrandes faites aux ancêtres, aux divinités et aux esprits, sont indissociables d’objets particuliers dont les formes et les matériaux sont extrêmement divers. Les jarres, les pots et autres récipients utilitaires dans lesquels on conserve les céréales, le lait, l’huile et l’eau sont parfois traités de façon originale, mais on accorde une plus grande attention aux plats, coupes, coupelles, cuillers et louches devant recevoir des mets que se partagent de très nombreux convives.
Des réjouissances, comme les mariages – qui constituent des alliances entre plusieurs groupes –, nécessitent de gigantesques festins, eux-mêmes témoignages de richesse et de prestige. C’est le cas par exemple dans les îles de l’Amirauté (archipel Bismarck, Mélanésie), où d’énormes plats contenaient entre autres des pièces de porc cuites au préalable.
Il n’est pas d’hospitalité, d’échanges journaliers, ni de fêtes ou de rituels sans utilisation de produits stimulants. Ainsi, en Indonésie et en Océanie, on mastique du bétel, on boit du kava, ingrédients auxquels sont rattachés divers accessoires, mortiers, pilons, spatules et coupelles d’une facture souvent raffinée. De même, en Afrique subsaharienne, on mange de la noix de cola, on boit de la bière de céréales ou du vin de palme que l’on sert dans des calebasses, bols et coupes ouvragés.
Base de l’alimentation, les féculents constituent des denrées indispensables et des biens précieux sur lesquels il faut veiller. Temps forts de l’année, des fêtes en l’honneur de l’igname, du mil, du riz, du sorgho, du taro, et de bien d’autres plantes, voient sortir leurs masques et leurs statuettes et rappellent aux humains les offrandes particulières à faire sur les autels pour que les cycles agraires se déroulent sous des auspices favorables. Ainsi le riz, l’une des céréales le plus consommées dans le monde, possède-t-il chez les Ifugao (Philippines) sa divinité protectrice incarnée par une statuette. Ailleurs sur le continent africain, chez les Dan (Côte d’Ivoire / Liberia), lors de grandes processions dans les villages, les femmes lancent à la volée du riz qu’elles ont mis au préalable dans de grandes cuillers.
Pour se concilier les créatures de l’autre monde, il faut les nourrir : verser de l’alcool, de la bouillie de céréales, du sang des poulets, des porcs, des boeufs ou des chiens, abattus en masse avant d’être sacrifiés... Ces nourritures sont répandues sur le sol mais aussi sur des autels comprenant fréquemment des objets sculptés avec dextérité. Parfois, ces supports de communication avec l’au-delà possèdent eux-mêmes des emplacements pour recueillir les offrandes : orifices ou coupelles tenues entre les mains comme le byeri fang (Gabon), figure cultuelle intervenant dans l’initiation et le culte des ancêtres.
Il est une nourriture à laquelle seuls des individus initiés ou aguerris peuvent avoir accès. Dans plusieurs cultures océaniennes, la consommation de chair humaine apparaît comme un privilège distinguant des personnes ou des groupes particuliers qui incorporent la force vitale d’autrui : un ancêtre, un esclave ou un ennemi. Des objets extrêmement divers sont liés aux rituels d’anthropophagie organisés à des moments clés de la vie des individus. Dans les îles Salomon (Mélanésie) où se pratiquait la chasse aux têtes, les guerriers qui partaient en expédition ornaient l’avant de leurs longues pirogues d’une figure de proue représentant un esprit protecteur. Le musu musu tenait souvent entre ses mains une petite tête coupée."

L’exposition regroupe plus de cent quarante œuvres sélectionnées au sein de collections publiques majeures :

• Musée du quai Branly, Paris
• Musée Barbier-Mueller, Genève
• Rietberg Museum, Zurich
• Wereldmuseum, Rotterdam
• Rijksmuseum Volkenkunde, Leyde
• Musée royal de l’Afrique centrale, Tervuren
et provenant également de prêts privés.