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Hors-Série Concours de la S
fhom - Capes et Agrégation d’histoire, 2022-2025Commander (10 €) le hors-série Histoire coloniale et impériale de l’Afrique :
https://www.payasso.fr/librairie-sfhom/commandes -
Vient de paraître le dossier "Femmes africaines et mobilisations collectives (années 1940-1970)" dans Le mouvement social. revue d’histoire sociale à La Découverte
Le 22 août 2016 à 15h12
Vient de paraître le dossier "Femmes africaines et mobilisations collectives (années 1940-1970)" dans Le mouvement social. revue d’histoire sociale à La Découverte, avril-juin 2016, n° 255, 204 p. ISBN : 9782707190574 Prix : 16 € (existe aussi en version électronique sur cairn).
femmes_africaine-mouvement_social_.pdf
Présentation détaillée du numéro proposée sur le site de l’IMAF :
http://imaf.cnrs.fr/spip.php?article1504 -
Vient de paraître la 5e édition de l’Histoire du Maroc depuis l’indépendance de Pierre
Vermeren aux éditions de La DécouverteLe 22 août 2016 à 14h42
Vient de paraître la cinquième édition de l’Histoire du Maroc depuis l’indépendance de Pierre
Vermeren aux éditions de La Découverte, "Repères" (n° 346), 2016, 128 p. ISBN : 9782707190659 Prix : 10 € (existe aussi en version électronique).
"Le 2 mars 1956, le Maroc recouvre son indépendance, après quarante-quatre années de protectorat. De 1956 à 1961, Mohammed V restaure la puissance de son trône, rendant possible le règne de son fils Hassan II (1961-1999), qui consolide l’intégrité territoriale du pays. En 1965, Ben Barka paye de sa vie son opposition au régime, mais l’instabilité persiste et culmine lors des coups d’État de 1971 et 1972. Hassan II reconstruit alors un pouvoir ébranlé par le consensus autour de la récupération du Sahara, mais au prix des « années de plomb ». Après 1991, le Maroc s’engage dans un processus d’ouverture à petits pas qui conduit à l’alternance de 1998.
L’avènement de Mohammed VI en 1999 précipite une transition aux exigences contradictoires : dissocier monarchie et « années de plomb », incorporer les islamistes au champ politique, améliorer la gouvernance tout en contenant la menace terroriste... Mais tout se précipite au rythme des événements de l’histoire : les attentats de 2003, qui relancent l’hypothèque autoritaire, puis les printemps arabes de 2011, qui placent la monarchie au pied du mur : réformer à chaud pour sauver l’essentiel. "
histoire-maroc-vermeren-tdm.pdfPierre
Vermeren , normalien agrégé d’histoire, professeur d’histoire à l’université Paris-I Panthéon-Sorbonne a vécu huit ans dans le Nord de l’Afrique. Il est l’auteur, de Le Maroc de Mohammed VI. La transition inachevée (La Découverte, 2009), Le Choc des décolonisations. De la guerre d’Algérie aux printemps arabes (Odile Jacob, 2015) et La France en terre d’islam. Empire colonial et religions, XIXe-XXe siècles (Belin, 2016). -
Réédition d’un classique : Histoire de la France coloniale en 2 volumes en collection "U - Histoire" chez Armand Colin
Le 14 août 2016 à 16h14
Réédition d’ un classique, l’Histoire de la France coloniale en 2 volumes en collection "U - Histoire" chez Armand Colin :
Tome 1 - Des origines à 1914 par JeanMeyer , JeanTarrade , AnnieRey-Goldzeiguer et JacquesThobie , 2016, 848 p. ISBN : 9782200617042 Prix : 32 €.
Tome 2 - 1914 - 1990 par Charles-RobertAgeron , CatherineCoquery-Vidrovitch , GilbertMeynier et JacquesThobie , 2016, 656 p. ISBN : 9782200617059 Prix : 32 €.
"Une histoire de la France coloniale ? Pour quoi faire ? Pour compléter les histoires de la France rurale, de la France citadine, de la France religieuse ? Pour renouveler l’histoire des colonies françaises écrite selon la mode des années 1930 ? Pour écrire enfin une histoire scientifique à partir des documents d’archives et des recherches universitaires récentes ?
Ce livre, rédigé par une équipe de professeurs d’université spécialistes de l’histoire coloniale moderne et contemporaine, se veut une histoire qui soit autre chose qu’un naïf récit d’épopée ou un catalogue d’abominations colonialistes. Il apporte des réponses précises aux questions les plus difficiles : pourquoi la France a-t-elle, inlassablement, pendant cinq siècles, été tentée par l’aventure outre-mer et retenue par l’entreprise coloniale ? Quelles furent les motivations successives des acteurs anciens et des décideurs modernes ? Doit-on croire que les mobiles économiques, ou patriotiques, ou religieux, ou diplomatiques furent essentiels ? L’opinion française fut-elle enthousiaste, réservée ou indifférente ? L’imaginaire social, le goût de l’exotisme, l’attrait de la puissance et de la gloire ont-ils joué un rôle appréciable ? Sur ces questions : le rôle de l’Empire, le jeu politique, le processus de la décolonisation, les auteurs ont fait le point, de manière neuve et impartiale, cernant les réalités multiples d’un concept dont il était nécessaire de ressusciter la richesse."
JeanMeyer est Professeur émérite à l’université de Paris-Sorbonne.
JeanTarrade (†) était Professeur émérite d’histoire moderne à l’université de Poitiers.
AnnieRey-Goldzeiguer est Professeur honoraire d’histoire contemporaine à l’université de Reims.
JacquesThobie est Professeur émérite d’histoire contemporaine à l’université de Paris-VIII.
Charles-RobertAgeron (1923-2008) était Professeur émérite d’histoire contemporaine à l’université de Paris-XII.
CatherineCoquery-Vidrovitch est Professeur émérite d’histoire contemporaine à l’université de Paris-VII.
GilbertMeynier est Professeur émérite d’histoire contemporaine à l’université de Nancy-II. -
Vient de paraître Récits d’origine. Contribution à la connaissance du passé ouest-saharien (Mauritanie, Maroc, Sahara occidental, Algérie et Mali) de Pierre
Bonte chez KarthalaLe 13 août 2016 à 18h35
Vient de paraître Récits d’origine. Contribution à la connaissance du passé ouest-saharien (Mauritanie, Maroc, Sahara occidental, Algérie et Mali) de Pierre
Bonte chez Karthala, "Hommes et sociétés", 2016, 816 p. ISBN : 9782811115678 Prix : 45 €.
"En s’inspirant de l’analyse structurale des mythes, Pierre Bonte propose une méthode de traitement des « récits d’origine » ouest-sahariens dont le statut est resté imprécis dans le champ de la littérature orale (légendes, mythes, épopées, saga). Ces récits d’origine ont trait aux fondations, celles des tribus dans des sociétés organisées sur un mode tribal, celles des villes anciennes, mais ils se rapportent également aux grands mouvements religieux et à l’introduction des « confréries » dans l’ouest du Sahara (Mauritanie, Maroc, Sahara occidental, Algérie et Mali).
Pierre Bonte s’interroge sur le « régime d’historicité » de ces récits, dont certains participent à la légitimation de l’islamisation et, plus encore, de l’arabisation des populations locales d’origine berbère. Parfois écrits et transmis localement, parfois rassemblés par des chercheurs s’intéressant à la littérature orale – il en a lui-même recueilli un grand nombre au cours de ses missions –, ces textes, publiés en annexe de l’ouvrage, constituent un corpus inédit. La contribution de Pierre Bonte à la connaissance du passé ouest-saharien vient aussi éclairer les mutations
profondes que connaissent ces sociétés depuis quelques décennies.
La riche collecte à laquelle il a procédé concerne notamment l’examen des topoï mytho-historiques suivants : al-Imâm al-Hadramî et les Almoravides (XIe s.), les bafûr, la guerre de Sharr Bubba (XVIIe s.) et le Sharîf Bûbazzûl."
Directeur de recherche émérite au CNRS, membre du Laboratoire d’anthropologie sociale du Collège de France, PierreBonte (1942-2013) a mené pendant un demi-siècle des recherches sur les Touaregs du Niger puis sur la société baydhân mauritanienne. Il est l’auteur de nombreuses publications sur la société saharienne ancienne et moderne (dont La montagne de fer, Karthala, 2001 ; L’émirat de l’Adrar mauritanien, Karthala, 2008, traduction arabe, Jessour/Ponts, 2012 ; La Saqiya al Hamrâ, La Croisée des chemins, 2012), ainsi que sur le nomadisme, la tribu, la parenté, le sacrifice, la littérature orale dans le monde arabe... Il est aussi coéditeur du Dictionnaire de l’ethnologie et de l’anthropologie (PUF), plusieurs fois réédité et traduit en différentes langues. -
Vient de paraître Histoire économique de l’Afrique tropicale. Des origines à nos jours de Jacques
Brasseul chez Armand ColinLe 13 août 2016 à 18h26
Vient de paraître Histoire économique de l’Afrique tropicale. Des origines à nos jours de Jacques
Brasseul chez Armand Colin, "U : Histoire", 2016, 368 p. ISBN : 9782200602642 Prix : 29 € (existe aussi en version électronique).
"L’histoire de l’Afrique, malgré la richesse des publications depuis les années 1960, reste méconnue, à l’exception de certains points souvent abordés par les médias comme la préhistoire, les empires du Sahel, les siècles de traite, la colonisation et bien sûr l’évolution depuis les Indépendances. Pour le reste, qui a une idée en Europe de l’expansion bantoue par exemple, qui a duré plusieurs millénaires et constitue une des plus grandes migrations de l’histoire, et une véritable révolution économique ? Qui connaît le phénomène du Mfecane en Afrique australe ? Ou les Djihads qui ont balayé l’Afrique occidentale au XIXe siècle ?
Apporter sa pierre à l’édifice d’une meilleure connaissance est le but de cet ouvrage. L’auteur, économiste, est spécialisé en histoire économique et en économie du développement ; il a vécu une dizaine d’années en Afrique et s’est inspiré des travaux des grands maîtres africanistes, en Afrique même, en France et dans le monde anglo-saxon essentiellement.
Depuis l’école des Annales entre les deux guerres, avec des pionniers comme Marc Bloch, Lucien Febvre ou Fernand Braudel, les aspects économiques occupent une place majeure dans les travaux des historiens, bien loin de l’histoire méthodique, c’est-à-dire politique, événementielle, caractérisant le XIXe siècle. L’économie ne peut être détachée de l’histoire car il s’agit de la façon dont les hommes vivent, et survivent. Ce travail mêle les deux, aspects économiques et faits historiques. Il aborde les caractères généraux du continent puis le traite chronologiquement des origines à la période actuelle."
brasseul-tdm.pdf
JacquesBrasseul est professeur honoraire des universités en sciences économiques. Ancien élève de l’École normale supérieure de Cachan, agrégé et docteur d’État ès-sciences économiques de l’Université de Lyon. -
Vient de paraître Queen Victoria. Gender and Empire de Susan Kingsley
Kent aux Oxford UPLe 13 août 2016 à 12h06
Vient de paraître Queen Victoria. Gender and Empire de Susan Kingsley
Kent aux Oxford University Press, "The World in A Life", 2015, 232 p. ISBN : 9780190250003 Prix : 10,99 £.
Part of "The World in A Life" series, this brief, inexpensive text provides insight into the life of Queen Victoria. As one of the longest reigning monarchs in British history, Queen Victoria gave her name to an age filled with enormous possibilities and perplexing contradictions. At the time of Victoria’s birth, Britain ruled over what was fast becoming the greatest empire in the world, containing millions of non-white, non-Christian peoples. During her childhood and youth, the kingdom itself became transformed from one dominated by landed aristocrats to one governed according to the principles of bourgeois liberalism. The royal family served as the most visible symbol of domesticity, while at the same time Victoria’s very position as queen defied the ideology of separate spheres upon which domesticity rested. Victoria, the ruler of millions of people, opposed women participating in politics or public life. She believed women’s suffrage to be a "wicked folly" and a violation of God’s laws. She never gave up that belief, even as the fledging feminist movement of mid-century matured and grew to the size of a mass movement by the end of the century. And yet she reigned, with little thought of the contradictions that entailed.
We live in a global age where big concepts like "globalization" often tempt us to forget the personal side of the past. The titles in "The World in A Life" series aim to revive these meaningful lives. Each one shows us what it was like to live on a world historical stage. Brief, inexpensive, and thematic, each book can be read in a week, fit within a wide range of curricula, and shed insight into a particular place or time. Four to six short primary sources at the end of each volume sharpen the reader’s view of an individual’s impact on world history."
queen-victoria-toc.pdf
On pourra lire un compte rendu de l’ouvrage, par Luke Reader (Case Western Reserve University), sur le site H-Empire :
https://networks.h-net.org/node/5293/reviews/138027/reader-kent-queen-victoria-gender-and-empire
Susan KingsleyKent is Professor of History at the University of Colorado Boulder.
Salut amical à Charles Becker et un remerciement chaleureux pour cette référence précieuse ! -
Vient de paraître L’entrecroisement des mondes. De la Caraïbe à la France de Julie
Lírus-Galap chez KarthalaLe 12 août 2016 à 21h19
Vient de paraître L’entrecroisement des mondes. De la Caraïbe à la France de Julie
Lírus-Galap chez Karthala, "Hommes et sociétés", 2016, 204 p. ISBN : 9782811116750 Prix : 19 €.
Préface de CatherineCoquery-Vidrovitch
"Ce livre aborde un problème clé : la complexité et la difficulté à vivre le métissage culturel qui caractérise l’histoire et le présent des Antilles françaises et de La Réunion. Ce métissage culturel est issu d’une double souffrance : celle de l’histoire vécue dans les îles par les descendants d’esclaves, puis celle du choc culturel issu de la transplantation en France métropolitaine. Une partie de l’ouvrage en démonte les mécanismes théoriques et pratiques.
Ce qui rend cette réflexion passionnante, c’est qu’elle réunit de façon à la fois audacieuse et pertinente une question analysée de façon rigoureuse tout en étant aussi vécue aux deux bouts de la chaîne, à la fois d’outre-mer et en France. Le travail démontre, en permanence, le lien nécessaire entre l’analyse théorique et les réalités sociales et culturelles, puisque la dernière partie est consacrée à plusieurs études de cas, à travers les itinéraires et les déboires de groupes immigrés en France continentale.
C’est un grand livre, émouvant et juste, qui sait faire, de façon contrôlée et réfléchie, mais en témoignant aussi d’une délicate sensibilité, le lien entre le vécu et les sciences sociales."
CatherineCoquery-Vidrovitch
JulieLírus-Galap , psychanalyste, anthropologue et historienne, était Maître de conférences habilitée à diriger des recherches, membre du laboratoire CNRS Sociétés en développement. Études transdisciplinaires (SEDET) à l’université Paris-7 Paris-Diderot. Décédée en 2011, elle nous a laissé ce beau texte tiré de son HDR.
Un chaleureux merci à Catherine Coquery-Vidrovitch, pour nous avoir signalé ce livre précieux -
Vient de paraître The Sugar Plantation in India and Indonesia Industrial Production, 1770–2010 de Ulbe
Bosma aux Cambridge UPLe 10 août 2016 à 18h14
Vient de paraître The Sugar Plantation in India and Indonesia Industrial Production, 1770–2010 de Ulbe
Bosma aux Cambridge University Press, "Studies in Comparative World History", 2016, 332 p. ISBN : 9781316621165 Prix : 31,99 $ (existe aussi en version électronique).
Déjà paru en version reliée (hardback) en octobre 2013
"European markets almost exclusively relied on Caribbean sugar produced by slave labor until abolitionist campaigns began around 1800. Thereafter, importing Asian sugar and transferring plantation production to Asia became a serious option for the Western world. In this book, Ulbe Bosma details how the British and Dutch introduced the sugar plantation model in Asia and refashioned it over time. Although initial attempts by British planters in India failed, the Dutch colonial administration was far more successful in Java, where it introduced in 1830 a system of forced cultivation that tied local peasant production to industrial manufacturing. A century later, India adopted the Java model in combination with farmers’ cooperatives rather than employing coercive measures. Cooperatives did not prevent industrial sugar production from exploiting small farmers and cane cutters, however, and Bosma finds that much of modern sugar production in Asia resembles the abuses of labor by the old plantation systems of the Caribbean."
sugarplantation-ulbebosma-tdm.pdf
UlbeBosma is Senior Researcher at the International Institute of Social History and Professor of International Comparative Social History at the Free University of Amsterdam. He is coauthor of Being ’Dutch’ in the Indies : A History of Creolisation and Empire, 1500–1920 (with Remco Raben, 2008). -
Vient de paraître Architectures du Vietnam colonial. Repenser le métissage de Caroline
Herbelin aux éditions du CTHS et de l’INHALe 8 juillet 2016 à 10h15
Vient de paraître Architectures du Vietnam colonial. Repenser le métissage de Caroline
Herbelin aux éditions du CTHS et de l’INHA, "L’art et l’essai", 2016, 367 p. ISBN : 978-2-7355-0846-4 Prix : 33 €.
"L’architecture a très peu été étudiée dans l’Indochine française, contrairement au Maroc, l’Algérie ou l’Égypte de l’époque coloniale. Architectures du Vietnam colonial comble amplement cette lacune. Mais ce livre est aussi un ouvrage décisif sur l’histoire politique et sociale des échanges culturels au sein de cette colonie française. Il en renouvelle en profondeur les perspectives tant par son approche méthodologique que par sa réflexion théorique sur le concept d’hybridation, sur le moment colonial. Il est appelé à faire date dans les études coloniales en France.
L’originalité de cet ouvrage provient de ce que Caroline Herbelin a fondé son étude sur une enquête de terrain vaste et approfondie. À commencer bien sûr par une consultation des archives, françaises comme vietnamiennes. L’auteur a ainsi pu reconstituer les discussions qui ont présidé à la création d’une section Architecture dans l’École des beaux-arts de l’Indochine créée par Victor Tardieu, concernant le choix des matériaux de construction, « indigènes » (bambou, bois, paillote, torchis) ou métropolitains en dur (fer, béton, tuiles, briques), etc. L’auteur a également suivi les cheminements des techniques entre la métropole et la colonie jusque dans leur perception et formulation, pour identifier les interactions des deux systèmes techniques mis en présence. Pour finir, elle a interrogé la mémoire des vivants, témoins contemporains des survivances et des suites de l’époque coloniale.
Ce matériau riche et divers que Caroline Herbelin rassemble en lui restituant toute sa vie, lui a, en retour, permis d’opérer un déplacement décisif dans la définition de son objet d’étude, l’architecture. Celle-ci n’est plus abordée du seul point des bâtiments effectivement construits, ou de leur portée esthétique, mais aussi comme un objet d’art au sens étymologique d’ars, c’est-à-dire comme ce qui est fabriqué par les hommes et s’inscrit dans un jeu de relations économiques, politiques et sociales et est doté d’une « vie sociale ». L’approche se doit dès lors d’être concrète, matérielle et pratique : il s’agit de comprendre comment la construction d’un bâtiment a résulté de négociations et de stratégies entre les différentes instances et relais des pouvoirs colonial et local, entre les populations « indigène » et française, mais aussi entre les différentes solutions techniques et esthétiques qui se sont offertes à ce moment-là.
Une histoire, des histoires se racontent à travers cette enquête et qui ne sont pas celles que l’on attend. Caroline Herbelin ne fait pas le récit d’une architecture qui serait nécessairement l’instrument d’une domination unilatérale, a fortiori en contexte colonial ; elle ne retrace pas l’aventure d’une architecture triomphante où Saigon ferait figure de la « perle française de l’Extrême-Orient » et Hanoi est comparée à Paris ; elle ne se limite pas non plus à l’histoire politique énoncée par les pouvoirs, celle d’une politique dite d’« association », prônée par Albert Sarraut dès le début des années 1910, qui devient au fil du temps « politique de collaboration », ni à une histoire événementielle. Ce qu’elle décrit, par exemple, derrière des pratiques dites de « zoning » (découpage du territoire en zones fonctionnelles différenciées), derrière des pratiques de ségrégation souvent contrecarrées en raison de nécessités matérielles, c’est l’apparition d’une autre ville entre les plans, où des Français habitent des maisons « vietnamiennes » et inversement. Ce sont les tentatives de la fondation d’un style « indochinois » prônée par l’architecte français Ernest Hébrard, puis l’apparition des premiers architectes vietnamiens formés à l’École des beaux-arts d’Indochine avec le soutien de Victor Tardieu et l’ouverture du premier cabinet franco-vietnamien. Ces récits démontrent, notamment à propos du style néoclassique ou de la récente apparition d’un « nouveau style français », l’existence de circulations interasiatiques tout aussi décisives que des transferts d’ouest en est. Ce qu’elle révèle donc, c’est qu’il n’y a pas une architecture coloniale à proprement parler, mais des phénomènes de métissage qui s’inscrivent dans un rapport complexe de différentes historicités enchâssées, de différentes cultures entrecroisées, et dans lequel vient s’inscrire le moment colonial. L’image qu’elle a choisie en couverture de son ouvrage révèle une somptueuse maison Art Déco construite dans la campagne du Vietnam du Sud par un maître d’œuvre vietnamien : les échanges culturels sont bien loin de s’être limités à l’architecture savante, citadine, ils ont aussi gagné l’architecture populaire des campagnes…"
dossier_presse_herbelin_taille_reduite.pdf
Dossier de presse de l’ouvrage
Jeune chercheuse spécialiste de l’Asie, des échanges culturels et de l’histoire urbaine au Vietnam, Caroline Herbelin est maître de conférences et enseigne à l’université de Toulouse-Jean-Jaurès. Elle est membre associée au Centre de Recherches sur l’Extrême Orient de Paris – Sorbonne (CREOPS), au laboratoire de recherche France Amériques Espagne. Sociétés, Pouvoirs, Acteurs (FRAMESPA) et Présidente de l’Association française pour la recherche sur l’Asie du Sud-Est (AFRASE). Elle a été conseillère de l’exposition « Indochine, des territoires et des hommes, 1856-1956 », dont elle a coédité le catalogue, publié chez Gallimard en 2013.
Article publié le 4 juin et mis à jour le 8 juillet (incrustation du dossier de presse dans l’article). -
Vient de paraître Atlas du Moyen-Orient. Aux racines de la violence de Pierre
Blanc et Jean-PaulChagnollaud aux éditions AutrementLe 5 juillet 2016 à 22h58
Vient de paraître Atlas du Moyen-Orient. Aux racines de la violence de Pierre
Blanc et Jean-PaulChagnollaud aux éditions Autrement, "Atlas Monde", 2016, 96 p. ISBN : 9782746735859 Prix : 24 €.
"Plus de 120 cartes pour comprendre les origines multiples des violences du Moyen-Orient, cet ensemble géopolitique allant de la Turquie au Yémen, et de l’Égypte à l’Iran. Les racines historiques des conflits actuels, depuis l’effondrement de l’Empire ottoman. Les impasses politiques des régimes autoritaires et les dérives nationalistes, islamistes et sionistes. Pétrole, gaz, eau, terres : des ressources stratégiques très disputées. Les intérêts et les stratégies des grandes puissances dans la région. Dans les conflits du Moyen-Orient, en Syrie, au Yémen, en Irak, en Israël-Palestine, c’est le destin d’États, de peuples et de sociétés civiles parfois en lambeaux qui est en jeu. Pour espérer rétablir une stabilité dans la région, il est indispensable de comprendre les origines de la violence."
PierreBlanc est enseignant-chercheur en géopolitique à Sciences Po Bordeaux et Bordeaux Sciences Agro. Il est rédacteur en chef de la revue Confluences Méditerranée. Jean-PaulChagnollaud est professeur des universités, directeur de l’Institut de recherche et d’études Méditerranée / Moyen-Orient (iReMMO).

















