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Vient de paraître Mali. Au-delà du jihad de François-Xavier
Freland chez AnamosaLe 18 novembre 2017 à 15h09
Vient de paraître Mali. Au-delà du jihad de François-Xavier
Freland chez Anamosa, 2017, 424 p. ISBN : 979-10-95772-30-9 Prix : 25 €.
"Depuis 2002, le journaliste François-Xavier Freland se rend régulièrement au Mali ; il y a été correspondant pour France 24 et Radio France de janvier 2007 à fin 2008.
Avec la reprise de la rébellion touarègue au nord en 2007, le coup d’État de 2012 et la guerre contre le jihadisme, l’auteur s’est trouvé embarqué dans l’histoire au temps présent du pays. Son récit aborde les enjeux complexes d’un conflit où se croisent derniers hommes bleus, éleveurs peuls, griots et chasseurs mandingues, guérisseurs, musiciens, hommes politiques, petits bandits à la solde des terroristes, soldats français de Barkhane ou casques bleus, instructeurs militaires américains, informateurs du service secret, jihadistes, imams salafistes, corrompus de tout genre, diplomates polis ou journalistes aux bons sentiments.
Nourri de paysages, de rencontres et entretiens exclusifs, c’est un récit personnel palpitant que livre ici François-Xavier Freland, porté par une quête : comprendre les racines du mal qui ronge ce pays, au plus près de sa brûlante actualité."
François-XavierFreland est grand reporter indépendant pour plusieurs médias, dont Jeune Afrique, France Inter et TV5 Monde. Il couvre essentiellement l’Afrique de l’Ouest et l’Amérique latine. À partir de 2007, il a été le correspondant de France 24 au Mali, puis au Venezuela. Passé derrière la caméra, entre 2007 et 2017, il a réalisé près d’une centaine de reportages, dont plusieurs sur le terrorisme et la réalité touarègue au cœur du Sahara. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages : Qui veut la peau d’Hugo Chávez ? (Cherche-Midi, 2012), Saisir l’immatériel (Unesco, 2009), Sarava ! (Naïve Livres, 2005), L’Africaine blanche (Autrement, 2004), Générations Beurs (avec N. Barsali et A.-M. Vincent, Autrement, 2003).
Merci amical à Francis Simonis pour le signalement de cet ouvrage précieux -
Journée d’étude "Babel transatlantique. Circulations des savoirs linguistiques (Europe, Amérique, Afrique, XVIe-XIXe siècle) (Paris, 16 novembre 2017)
Le 16 novembre 2017 à 11h17
Journée d’étude ’Babel transatlantique
Circulations des savoirs linguistiques
Europe, Amérique, Afrique, XVIe-XIXe siècle
Université Paris Diderot
Bâtiment Olympe de Gouges | salle 628
8 place Paul Ricoeur, Paris 13e
Jeudi 16 novembre 2017
Organisation pour l’ICT : Charlotte de Castelnau-L’Estoile et Fabien Simon.
"Nous souhaitons, lors de cette journée, prolonger les réflexions lancées lors d’une précédente rencontre, autour de la place des langues extra-européennes, en particulier américaines ou africaines, dans l’élaboration d’un savoir linguistique, aux formes diverses, entre XVIe et XIXe siècles.programme_babel_transatlantique_2017.pdf
Comment se construit-il non pas uniquement dans des lieux de savoir européens mais dans un processus de circulation entre des centres de production variés, sur les terrains offrant un accès direct à ces idiomes déjà ou dans les lieux d’accumulation des connaissances linguistiques en Amérique ou en Europe. Afin de mettre en avant une histoire matérielle de ce savoir, il s’agira d’envisager la manière dont ces langues circulent : sous quelles formes, à partir de quels échantillons (les alphabets par exemple), prélevés et transportés ? Comment ces derniers sont-ils thésaurisés entraînant la constitution d’« archives linguistiques » (J. Trabant), tantôt bibliothèques, tantôt cabinets où les langues sont exposées, tantôt ouvrages manuscrits ou imprimés les rassemblant ? L’exposition de ces langues passent-elles par une translittération en caractères latins, par l’usage de caractères spéciaux, par d’autres formes de mise en écriture ? Leur accorde-t-on d’ailleurs le statut d’« écritures » ou d’« hiéroglyphes », catégorie omniprésente entre XVIe et XVIIIe siècle ? Seront ainsi au centre des réflexions les techniques d’impression de ces langues : dans quels lieux et par quels acteurs sont élaborés les caractères typographiques ? Comment rendre typographiquement les particularités de telle ou telle langue ? L’imprimerie de la Congrégation de Propaganda Fide offrira ainsi un lieu privilégié, « aux antipodes de Babel » (G. Pizzorusso), de l’étude de cette gestion des langues « autres », issues des « quatre parties du monde » dont Francesco Ingoli (1578-1649), premier secrétaire de la Congrégation, dresse une Relazione en 1631. Les langues américaines ne font pourtant pas partie du fonds de la Typographie : la position d’« angles morts » linguistiques de l’Amérique ou de l’Afrique, vues depuis l’Europe, apparaît ainsi comme un point saillant.
L’attention aux centres de production typographique invitera donc à prendre en considération les acteurs divers de l’élaboration des savoirs, en rien limités aux seuls philologues érudits mais incluant aussi les « techniciens », ouvriers typographes forgeant les poinçons ou imprimeurs gérant de nombreuses presses.
Cette prise en compte des acteurs dans leur diversité invite aussi à insister sur ceux agissant depuis les terrains transatlantiques. Les missionnaires en particulier apparaissent comme des intermédiaires privilégiés, leurs missions d’évangélisation les conduisant à se confronter aux locuteurs des territoires où elles prennent place. Ces derniers, agents indigènes, sont partie prenante de la construction des savoirs. Comment s’élabore alors une « linguistique missionnaire » (O. Zwartjes) ? Comment les missionnaires apprennent-ils puis enseignent‑ils les langues indigènes, grâce à quels outils (vocabularios, sermonarios...), imprimés ou manuscrits ; à partir de quelles interactions ?
Une approche pluridisciplinaire de ces questionnements, partagés entre historiens, linguistes ou anthropologues, conduira à des échanges fructueux."
Source de l’information :
http://www.ict.univ-paris-diderot.fr/node/861
Via la liste de diffusion de l’AHMUF.
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Journée d’étude "Histoires de quantifications. Actualité et renouvellements de la recherche en histoire des statistiques" (Lille, 20 novembre 2017)
Le 16 novembre 2017 à 10h50
Journée d’étude ’Histoires de quantifications
Actualité et renouvellements de la recherche
En histoire des statistiques’
Projet AGLOS - Approches GLObales des Statistiques
MESHS - Maison européenne des sciences de l’homme
et de la société - Espace Baïetto
2, rue des Canonniers, Lille
Lundi 20 novembre 2017
Cette journée d’études se tiendra à Lille le 20 novembre 2017 de 09h30 à 17h, dans les locaux de la Maison européenne des sciences de l’homme et de la société (MESHS).
09h30 | Ouverture de la journée
Accueil café/croissants et mot de bienvenue par Émilien Ruiz (IRHiS, Université de Lille)
Statistiques policières, judiciaires et pénitentiaires
10h00-12h30
Session de la matinée présidée par Fabrice Cahen (INED & Esopp)
10h00 | Une histoire sociale de la Statistique pénitentiaire (1852-1939) par Elsa Génard (Centre d’histoire du XIXe siècle, Université Panthéon-Sorbonne) et Melchior Simioni (GEMASS, Université Paris-Sorbonne)
10h50 | L’argument statistique comme outil de légitimation dans la lutte contre la récidive en Belgique entre 1870 et 1930 par Julie Louette (Université catholique de Louvain)
11h40 | Outils de contrôle, de gestion et de légitimation : éléments de réflexions autour des statistiques policières belges contemporaines par Jonas Campion (IRHiS, Université de Lille)
Chaque intervention sera suivie d’une vingtaine de minutes d’échanges avec la salle – Pause déjeuner de 12h30 à 14h00
Statistiques coloniales
14h00-15h40
Session présidée par Andrea Bréard (EST, Université Paris Sud)
14h00 | « Il est indispensable que nous ayons sous les yeux un tableau exact et fidèle » : maitriser l’espace et administrer l’Empire colonial à travers les colonnes du tableau de recensement (Antilles, 1763-1804) par Fanny Malègue (INED & Centre d’études nord-américaines, EHESS)
14h50 | Histoire des statistiques coloniales aux 19e et 20e siècles – pistes de recherches par Béatrice Touchelay (IRHiS, Université de Lille)
Chaque intervention sera suivie d’une vingtaine de minutes d’échanges avec la salle – Pause café à 15h40
Statistiques médicales
15h50-16h40
Session présidée par Marie Derrien (IRHiS, Université de Lille)
15h50 | L’infirmité perçue, observée, examinée : listes nominatives du recensement et listes du tirage du recrutement (1851-1876) par Pauline Hervois (Cridup, Université Panthéon-Sorbonne & iPOPs, INED)
Intervention suivie d’une vingtaine de minutes d’échanges avec la salle
16h40 | Clôture de la journée
Présentation de la bibliographie critique de la quantification et des suites envisagées pour le projet par Émilien Ruiz (IRHiS, Université de Lille).
Pour plus d’informations : emilien.ruiz@univ-lille3.fr
Source de l’information :
Cléo Chassonnery-Zaïgouche sur Twitter :
https://twitter.com/CleoCZ/status/925375488650031104
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Vient de paraître De la bouche même des indigènes. Échanges linguistiques en Afrique coloniale de Cécile
Van den Avenne chez VendémiaireLe 16 novembre 2017 à 09h54
Vient de paraître De la bouche même des indigènes. Échanges linguistiques en Afrique coloniale de Cécile
Van den Avenne chez Vendémiaire, "Empires", 2017, 272 p. ISBN : 978-2-36358-251-5 Prix : 22 €.
"Bambara, wolof, peul, arabe… Quand les explorateurs français s’aventurent pour la première fois à l’intérieur des terres de l’Afrique de l’Ouest, ils se trouvent confrontés à plusieurs centaines de langues différentes. Comment se faire comprendre quand il s’agit de trouver des vivres, de réquisitionner des hommes, de se faire indiquer des itinéraires praticables ? Au cours du XIXe siècle, la communication devient un enjeu crucial de la conquête et une condition indispensable pour établir durablement la présence de la République dans ces territoires.
De l’apprentissage par les explorateurs de la langue mandingue à l’imposition du français comme outil de domination politique et culturelle, en passant par l’utilisation de l’arabe écrit au sein de l’administration coloniale, c’est un panorama inédit des interactions entre les différents protagonistes de cette rencontre que nous offre cet ouvrage : à travers les pratiques de communication entre Africains et Européens, un aspect méconnu et pourtant crucial de la colonisation."
CécileVan den Avenne est professeure à l’Université de Paris 3-Sorbonne Nouvelle. Normalienne et agrégée de grammaire, elle s’est spécialisée en sociolinguistique et travaille depuis une dizaine d’années sur le contact colonial en Afrique de l’Ouest.
Information signalée sur Twitter par Sophie Dulucq, qui co-dirige la belle collection "Empires" chez Vendémiaire :
https://twitter.com/Sophie_Dulucq/status/928214090853638144 -
Vient de paraître Communal violence in the British Empire. Disturbing the Pax de Mark
Doyle chez BloomsburyLe 16 novembre 2017 à 09h40
Vient de paraître Communal violence in the British Empire. Disturbing the Pax de Mark
Doyle chez Bloomsbury, 2017, 304 p. ISBN : 9781350061545 Prix : 35,96 $ (pour l’édition paperback à paraître le 28/12/17 ; l’édition hardback est disponible au prix de 109,80 $) (existe aussi en version électronique).
"Communal Violence in the British Empire focuses on how Britons interpreted, policed, and sometimes fostered violence between different ethnic and religious communities in the empire. It also asks what these outbreaks meant for the power and prestige of Britain among subject populations.
Alternating between chapters of engaging narrative and chapters of careful, cross-colonial analysis, Mark Doyle uses outbreaks of communal violence in Ireland, the West Indies, and South Asia to uncover the inner workings of British imperialism : it’s guiding assumptions, its mechanisms of control, its impact, and its limitations. He explains how Britons used communal violence to justify the imperial project even as that project was creating the conditions for more violence. Above all, this book demonstrates how communal violence exposed the limits of British power and, in time, helped lay the groundwork for the empire’s collapse.
This book shows how violence, and the British state’s handling thereof, was a fundamental part of the imperial experience for colonizer and colonized alike. It offers a new perspective on the workings of empire that will be of interest to any student of imperial or world history."
communal-violence-toc.pdf
MarkDoyle is Associate Professor of History at Middle Tennessee State University, USA. He is the author of Fighting the Devil for the Sake of God : Protestants, Catholics and the Origins of Violence in Victorian Belfast (2009).
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Colloque "La société française en guerre, 1914-1918 : nouveaux regards, nouvelles approches" (Bordeaux, 16 & 17 novembre 2017)
Le 15 novembre 2017 à 22h19
Colloque "La société française en guerre, 1914-1918
Nouveaux regards, nouvelles approches"
Auditorium du Musée d’Aquitaine
20 cours Pasteur, Bordeaux
Jeudi 16 & vendredi 17 novembre 2017
Entrée libre
"Ce colloque s’inscrit dans le cadre des manifestations scientifiques organisées à l’occasion du centenaire de la Première Guerre mondiale et accompagnant l’exposition « 1917. Voilà les Américains ! », que consacrent le Centre national Jean Moulin et la ville de Bordeaux à l’arrivée des troupes américaines à Bordeaux et dans les communes limitrophes.
Si les mobilisations militaires, et leurs implications économiques et politiques en France ont été largement étudiées, les perceptions mentales qu’ont les français des changements, sociétaux, culturels, politiques et économiques qu’induit le conflit au sein d’une société encore traditionnelle, ainsi que les modifications de paradigmes qu’elle entraîne, le sont encore peu ou de manière dispersée.
Moment d’ouverture à tous les publics et discussion, ce colloque ainsi que les manifestations qui l’accompagnent, se proposent d’étudier cette question au regard des plus récents travaux."
programme_colloque_16-17_nov.pdf
Responsables scientifiques
Stéphane Barry : stephane.barry@gmail.com
Laurent Dornel : laurent.dornel@univ-pau.fr
En partenariat avec Le Café Historique, Centre national Jean Moulin, Consulat des États-Unis, Revue L’Histoire, Revue 14/18, Fondation Jean Jaurès, Mission du Centenaire, Librairie Mollat, The conversation France, Agence de communication Citron Pressé, Éditions Memoring, Brasserie Le Plana
Source de l’information :
http://www.musee-aquitaine-bordeaux.fr/fr/evenement/colloque-1914-1918-la-societe-francaise-en-guerre-nouveaux-regards-nouvelles-approches -
Vient de paraître Medical Imperialism in French North Africa. Regenerating the Jewish Community of Colonial Tunis de Richard C.
Parks aux University of Nebraska PressLe 12 novembre 2017 à 16h58
Vient de paraître Medical Imperialism in French North Africa. Regenerating the Jewish Community of Colonial Tunis de Richard C.
Parks aux University of Nebraska Press, "France Overseas : Studies in Empire and Decolonization", 2017, 216 p. ISBN : 978-0-8032-6845-6 Prix : 55 $.
"French-colonial Tunisia in the late nineteenth and early twentieth centuries witnessed shifting concepts of identity, including varying theories of ethnic essentialism, a drive toward “modernization,” and imperialist interpretations of science and medicine. As French colonizers worked to realize ideas of a “modern” city and empire, they undertook a program to significantly alter the physical and social realities by which the people of Tunisia lived, often in ways that continue to influence life today.
Medical Imperialism in French North Africa demonstrates the ways in which diverse members of the Jewish community of Tunis received, rejected, or reworked myriad imperial projects devised to foster the social, corporeal, and moral “regeneration” of their community. Buttressed by the authority of science and medicine, regenerationist schemes such as urban renewal projects and public health reforms were deployed to destroy and recast the cultural, social, and political lives of Jewish colonial subjects. Richard C. Parks expands on earlier scholarship to examine how notions of race, class, modernity, and otherness shaped these efforts. Looking at such issues as the plasticity of identity, the collaboration and contention between French and Tunisian Jewish communities, Jewish women’s negotiation of social power relationships in Tunis, and the razing of the city’s Jewish quarter, Parks fills the gap in current literature by focusing on the broader transnational context of French actions in colonial Tunisia."
medical-imperialism-toc.pdf
Richard C.Parks is an academic specialist in the history of science and medicine at Michigan State University. -
Colloque international pluridisciplinaire "Éducation et construction des rapports sociaux de sexe dans l’espace caribéen (XVIIIe-XXIe siècle)" (Guadeloupe, Saint-Claude , 13 et 14 novembre 2017)
Le 12 novembre 2017 à 16h01
Colloque international pluridisciplinaire
’Éducation et construction des rapports sociaux
de sexe dans l’espace caribéen (XVIIIe-XXIe siècle)"
Amphithéâtre Gerty Archimède, DPLSH
AIHP-Géode
Guadeloupe, Saint-Claude
Lundi 13 et mardi 14 novembre 2017
"L’objet de ce colloque est de réfléchir à la construction des rapports sociaux (de sexe, classe, race) dans le domaine de l’éducation, et plus largement de la socialisation, dans les sociétés caribéennes (XVIII-XXIe siècles). Il invite à interroger la construction et les représentations des rôles sexués au sein des sphères éducatives, conçues dans leur acception la plus large, c’est-à-dire aussi bien dans des espaces institutionnalisés que dans des espaces qui en restent à la marge.
Les travaux des chercheurs français ont longtemps utilisé les catégories de classe et de race pour étudier les sociétés esclavagistes et post-esclavagistes, en ignorant ou en omettant de prendre en compte le genre comme catégorie d’analyse. Pourtant les récentes recherches, notamment dans le domaine de la sociologie (Dunezat, 2009 ; Dorlin, 2009 ; Kergoat, 2009) ont montré comment la race, la classe et le genre engendrent des rapports sociaux qui sont étroitement liés, et ne peuvent être compris séparément. Certains auteurs (Collins 2000 ; Yuval-Davis 2006) invitent à complexifier les niveaux d’analyse, en étant également attentifs aux articulations entre ces niveaux.
Le cœur de la problématique de ce colloque sera la construction historique des rapports sociaux de sexe et la manière dont les sphères éducatives ont organisé - ou lutté contre - la hiérarchisation des sexes au sein des sociétés caribéennes. En posant la question sous cet angle, nous aimerions comprendre non seulement comment, mais aussi pourquoi, les rapports entre les sexes sont construits ainsi, appréhender plus précisément leur fonctionnement actuel grâce à un éclairage porté sur leur évolution, et interroger la singularité de ces rapports dans les sociétés caribéennes.
Pour prendre en compte les continuités et les ruptures des structures sociales héritées de l’esclavage et de la colonisation, il conviendra d’analyser les discours et pratiques liés à l’éducation des différentes composantes des sociétés caribéennes à partir du XVIII e siècle. Quelle est la part respective des héritages culturels et des apports exogènes dans l’élaboration des modèles éducatifs entrainant une hiérarchisation des sexes ? Comment se reflètent-ils dans l’éducation au sein des familles ? Que sait-on de la manière dont se faisait alors la socialisation de genre (aux normes aux pratiques et aux comportements), en ville et à la campagne, parmi les « habitants », les libres de couleur et parmi la population servile, dans ce siècle où l’enseignement et même l’instruction religieuse des esclaves semblent avoir été plus que rudimentaires ? Que sait-on de l’éducation par le biais des nourrices, des contremaîtres, des matrones, des précepteurs, des maitres d’apprentissage, etc.? Après l’abolition de l’esclavage, l’école laïque a été pendant longtemps considérée comme le tremplin du changement social et comme un instrument de régénération de la société. Les pratiques éducatives ont-elles intégré l’hétérogénéité des sociétés post-esclavagistes, en tenant compte des migrations africaines, indiennes et asiatiques des XIXe et XXe siècles ?
La question « éducative » sera comprise de façon large, à la fois comme formation du corps, instruction de l’esprit et éducation des mœurs, englobant la conduite de la vie et les qualités sociales : pourront donc être envisagées les définition des rôles sexués à l’intérieur de pratiques de socialisation diverses, impliquant des représentations, explicites ou non (dans des domaines comme ceux de la sexualité, de la famille ou du travail) de la « masculinité » ou de la « féminité ».
On interrogera aussi la manière dont les systèmes de pouvoir et les institutions éducatives sont impliqués dans la production et la reproduction des différences (ou « inégalités », si l’on suit l’approche ouverte par Bourdieu et Passeron en 1970) de classe, de « race » et de genre. Nous intéressant plus particulièrement aux sphères éducatives en tant que lieux de socialisation, de construction et d’apprentissage des rôles sexués, nous accorderons d’abord notre attention aux sphères éducatives qui relèvent du champ institutionnel déjà balisé par la recherche sur les processus d’assimilation en contexte colonial : la famille, l’Église, l’école et l’armée, bien que l’expérience sociale particulière de l’assimilation vécue respectivement et sans doute différemment par les hommes et par les femmes ait rarement été interrogée.
Mais l’intérêt de ce colloque sera également de proposer un éclairage nouveau sur les espaces d’encadrement moins institutionnels que la sphère de l’enseignement proprement dit : nous envisagerons ici les sphères éducatives élargies qui recouvrent les associations de secours mutuels, les associations sportives, le scoutisme, et les espace de socialisation non institutionnalisés recouvrant pourtant des pratiques sociales largement partagées, tels que les espaces de la musique et de la danse où prévalent, ou ont longtemps prévalu, l’oralité (contes, chants, musiques traditionnelles, mais aussi R&B, Rap et Slam), les espaces de jeux et les espaces de politisation (confréries, loges maçonniques, syndicats, partis politiques, etc.).
Partant du postulat que les rapports sociaux de sexe sont socialement et historiquement construits, l’approche pluridisciplinaire permettra d’examiner les outils propres à chaque discipline (histoire, sociologie, sciences de l’éducation, lettres, etc.) pour penser la complexité des intersections entre race, classe et sexe (Kimberlé Crenshaw, 1989 ; Patricia Hill Collins, 2000) et relire, au regard des différentes approches disciplinaires, les notions de genre et de rapports sociaux de sexe. En considérant la chronologie différenciée de leur usage, ce que ces notions révèlent des rapports de pouvoir historiquement et socialement construits, des mécanismes de production, intériorisation et de normalisation des différences. Une réflexion sur le concept d’intersectionnalité : cette notion, actuellement au cœur des études en science sociales (à la suite de Crenshaw, 1989), pourra être l’objet d’investigations que nous souhaiterons critiques, dans la mesure où elle peut permettre d’approfondir l’imbrication des différents types de rapports sociaux de domination (genre, classe et race notamment) et ses limites (Kergoat, 2009)." Clara PALMISTE, MCF en Histoire, Directrice du DPLSH
programme_colloque_13-14_nov_dplsh.pdf
Pour mémoire, l’appel à communication aimablement communiqué par Clara Palmiste. -
Vient de paraître Femmes, armée et éducation dans la guerre d’Algérie. L’expérience du service de formation des jeunes en Algérie de Luc
Capdevila aux PU de RennesLe 12 novembre 2017 à 15h33
Vient de paraître Femmes, armée et éducation dans la guerre d’Algérie. L’expérience du service de formation des jeunes en Algérie de Luc
Capdevila aux Presses Universitaires de Rennes, "Histoire", 2017, 240 p. ISBN : 978-2-7535-5911-0 Prix : 22 €.
"Ce livre sur l’histoire du service de formation des jeunes en Algérie (SFJA) est le fruit d’une recherche collaborative menée avec l’Association nationale-SJFA. Le SFJA a été conçu en 1958 à la suite de la crise du 13 mai. Si à l’origine son objectif était d’encadrer les adolescents non scolarisés dans le cadre de la contre-insurrection, à la suite du discours de Constantine ses missions furent élargies pour en faire un des acteurs de la généralisation de la scolarisation en Algérie, le SFJA intervenant là où l’Éducation nationale n’était pas présente. Organisme hybride, civil et militaire, son rôle était de prendre en charge l’instruction générale et préprofessionnelle des jeunes non alphabétisés. Le SFJA a été une expérience inédite d’une politique menée au titre de la jeunesse dans un contexte de contre-insurrection, la volonté des pouvoirs publics étant de lui faire porter un discours en faveur de « l’Algérie nouvelle » puis de « l’association ». Pour ce faire des équipes mixtes de monitrices (« européennes » et « musulmanes » selon les termes de l’époque) furent organisées pour travailler avec les filles et les femmes afin de les instruire et de faire passer ce message d’intégration. Les monitrices du SFJA sont parmi les premières femmes envoyées par l’armée en zone opérationnelle pour travailler au contact entre civils et militaires, à l’image des « unités de mission féminine » créées en 2009 par les États-Unis pour intervenir en Irak
et en Afghanistan. En effet, cette histoire méconnue inspire aujourd’hui les stratèges. Pour réaliser cette recherche, les archives civiles et militaires ont été confrontées à l’expérience des témoins. Le livre propose ainsi une écriture originale articulant l’histoire du SFJA à une biographie collective des ex-monitrices sous la forme d’un récit choral, permettant de connaître au plus près les formes prises par cette politique de la jeunesse, pour les filles et les garçons, dans le contexte de la fin de la guerre d’Algérie."
femmes-gu-algerie-tdm.pdf
LucCapdevila est membre de l’UMR 6051 Arènes/CNRS et professeur à l’université Rennes 2. Historien du temps présent, ses recherches portent principalement sur les dynamiques sociales et culturelles des sociétés en guerre et en situation coloniale. -
Colloque international "Après les traites. Penser les formes d’esclavage et de dépendance" (Nantes, 14-15 novembre 2017)
Le 12 novembre 2017 à 15h18
Colloque international ’Après les traites
Penser les formes d’esclavage et de dépendance’
Colloque en hommage à Patrick Harries
Organisé par l’Institut d’Études Avancées de Nantes
5, Allée Jacques Berque, Nantes
Mardi 14 et mercredi 15 novembre 2017
Inscription (en ligne) obligatoire (cf. en bas de la page du lien précédent).
"Une ambiguïté fondamentale affecte les débats sur l’esclavage et le travail après le milieu du XVIIIe siècle. Les abolitions successives de la traite des Africains, les interdictions de l’esclavage et la poursuite des migrations transocéaniques dans l’Atlantique et dans l’océan Indien se sont accompagnées de la formation de nouvelles catégories de travailleurs « libres », mais aussi de l’affirmation de nouvelles formes de dépendance et de travail « non libre » entre le XVIIIe et le XXe siècle.
Ces réalités s’inscrivent-elles dans une histoire longue du rapport colonial de l’Europe à ses colonies, ou assiste-t-on à l’émergence de nouvelles formes d’esclavage et de dépendance ? Ce colloque cherchera à interroger les formes de dépendance, d’esclavage et de travail « non libre » qui se déploient, voire resurgissent, en Afrique, aux Amériques et en Europe, dans des sociétés qui ont connu et pratiqué l’esclavage sur le temps long.
Le recours à l’esclavage a permis jusqu’à une période tardive de continuer à pourvoir les économies coloniales et métropolitaines en main-d’œuvre comme d’assurer une forme de stabilité au sein de ces sociétés. Mais au-delà de la question des ruptures et des continuités historiques, il nous semble important d’inscrire l’histoire longue des transferts forcés d’hommes et de femmes entre les différents espaces du continent africain et d’Afrique vers l’Europe et les Amériques dans les nouvelles représentations et les nouveaux discours qui s’affirment après les abolitions des traites des Noirs. Des nouveaux discours qui concernent autant le rapport au travail et les représentations du travail, que le statut des « nouveaux » travailleurs (domestiques, serviteurs, apprentis, employés, engagés, libérés, etc.), ou encore la « race » en tant que construction biologique mais aussi, et davantage, en tant que construction sociale qui prédétermine les statuts individuels, les rapports sociaux, économiques et juridiques entre maîtres/patrons/engagistes et apprentis/employés/engagés… Il s’agit donc de réfléchir à des pratiques réelles d’esclavage, ou assimilables à l’esclavage, que ce soit sous l’angle économique, juridique ou social, tout en interrogeant le rapport individuel ou collectif au travail et les mutations que connaît le travail dans les économies post-abolitionnistes.
Cinq grands questionnements seront privilégiés lors de ces deux journées :
1- Le travail contraint/ le travail libre : si avec les interdictions de la traite et les abolitions de l’esclavage, le travail devient théoriquement libre, qu’en fut-il réellement ? à quelles professions, quels salaires peuvent prétendre et accéder les anciens esclaves, leurs descendants ou les nouveaux arrivants du continent africain ? comment se (re)créent et/ou s’entretiennent des liens de dépendance entre « employeurs » et « employés » ?
2- Les formes juridiques qui accompagnèrent la suppression de la traite et de l’esclavage : de quels outils les sociétés / États usent-ils pour encadrer à la fois le travail et les travailleurs ? Quel fut l’impact des expériences africaines ou caribéennes dans la législation abolitionniste ? Comment les acteurs au plus près du terrain ont pu agir en faveur d’une évolution du droit du travail ? L’analyse des contrats de travail, de la mise en place de la législation sur le travail sera au cœur de cet axe.
3- Les pratiques sociales et culturelles : au-delà de leur statut de travailleurs, quelles sont les marges de manœuvres des populations issues de l’esclavage ? de quelles manières peuvent-elles s’insérer dans les sociétés ? Les mariages, les unions et les relations intimes (choix des conjoints, pratique de l’illégitimité ou non, formes des cérémonies) ou les pratiques culturelles seront analysés afin d’évaluer de quelle manière la « race » et le statut de « travailleur contraint » infléchissent les trajectoires.
4- Les migrations de travail : les courants migratoires de travailleurs libres et non libres qui traversent l’Atlantique et l’océan Indien après 1761, date de la première abolition de la traite des Africains par le Portugal, s’inscrivent-ils dans la continuité des flux de la traite de captifs africains ? Les acteurs sont-ils les mêmes ? Les conditions faites aux migrants sont-elles comparables ?
5- Les mutations des discours sur le travail après les abolitions : les discours n’ont pas été monolithiques et ne sont pas restés figés. Comment les mutations du travail et de ses représentations s’inscrivent-elles dans l’évolution des économies et des sociétés africaines, américaines et européennes ? Comment relier la valeur d’émancipation du travail et l’instrument d’asservissement qu’il demeure ?
Ces pistes ne sont pas exhaustives, nous considérerons avec le plus grand intérêt des propositions portant sur d’autres contextes géographiques, chronologiques et sur des aspects plus théoriques qui pourraient enrichir la réflexion transdisciplinaire.
diptyque_traite.pdf
Organisé à l’Institut d’études avancées de Nantes, et s’insérant dans un cycle d’activités scientifiques programmées dans le cadre des programmes de recherche STARACO (STAtuts, RAce et Couleurs dans l’Atlantique) et PRALT (PRAtiques de l’ALtérité), ce colloque se veut un hommage à la mémoire de Patrick Harries. Historien spécialiste du travail, de l’esclavage et des formes de dépendance en Afrique, Patrick Harries est brutalement décédé en 2016. Il travaillait depuis de nombreuses années sur les esclaves et descendants d’esclaves originaires du Mozambique au Cap et en parallèle sur la nature de la traite négrière dans l’océan Indien dont il était l’un des plus grands spécialistes.
COMITÉ SCIENTIFIQUE ET ORGANISATEUR
António DE ALMEIDA MENDES (Université de Nantes, STARACO, CIRESC, en résidence à l’IEA de Nantes)
Céline FLORY (UMR 8168 - Mondes Américains)
Aanor LE MOUËL (Université de Nantes, STARACO)
Aspasia NANAKI (IEA de Nantes)
Violaine TISSEAU (IMAF, CNRS)
PARTENAIRES
PRALT (PRAtiques de l’ALTérité) : programme de recherche pluriannuel Casa de Velázquez (Madrid), Château des Ducs de Bretagne (Nantes), Institut d’Études Avancées (Nantes) et Université de Nantes.
STARACO (STAtuts, RAce et COuleurs dans l’Atlantique) : programme de recherche financé par la Région Pays de la Loire, Nantes (www.staraco.org)
Mondes Américains - CERMA : Centre de Recherches sur les Mondes Américains
Source de l’information :
https://www.iea-nantes.fr/fr/actualites/colloque-apres-les-traites-en-hommage-a-patrick-harries_764
Via la lettre d’information de l’Imaf : http://imaf.cnrs.fr/spip.php?article2290















