Le site web de la Société française d’histoire des outre-mers (S
Articles les plus récents
-
Hors-Série Concours de la S
fhom - Capes et Agrégation d’histoire, 2022-2025Commander (10 €) le hors-série Histoire coloniale et impériale de l’Afrique :
https://www.payasso.fr/librairie-sfhom/commandes -
Journée d’étude STARACO "Du sang, des crânes et des gènes. Science, savoirs et catégorisations raciales dans les mondes atlantiques contemporains (19ème – 20ème siècles)" (Nantes, 15 juin 2015)
Le 11 juin 2015 à 10h57
Journée d’étude STARACO
Axe 1 : Mondes atlantiques, sociétés, échanges et pouvoirs
Du sang, des crânes et des gènes
Science, savoirs et catégorisations raciales
dans les mondes atlantiques contemporains (19ème – 20ème siècles)
15 Juin 2015, de 10h à 17h
Archives départementales de Loire-Atlantique
6 rue de Bouillé 44000 Nantes
Présentation de la journée d’étude
Programme de la journée d’étude
Dans le cadre du projet STARACO (STAtuts, "RAce" et COuleurs dans l’Atlantique de l’Antiquité à nos jours), Antonio de Almeida Mendes, MCF en histoire moderne au CRHIA-Nantes, et Clément Thibaud, MCF HDR en histoire moderne et contemporaine au CRHIA-Nantes, organisent une journée d’études et de formation pour les enseignants du secondaire sur le thème "Du sang, des crânes et des gènes : histoire des usages des catégorisations raciales dans les mondes atlantiques contemporains, 19ème - 20ème siècles"
Depuis quelques années, la question raciale a suscité l’engouement des chercheurs dans le champ des études biomédicales, en génétique ou dans le domaine médico-légal. Leur attention s’est récemment portée sur la diffusion des tests génétiques permettant à un large public de retrouver la trace de ses ancêtres supposés, ou encore sur l’émergence des premiers médicaments dits racialisés. Ces travaux s’appuient, en général, sur une conception acritique de la race, entendue comme une notion sans historicité ni variations sémantiques. Néanmoins, comme le rappelaient les sociologues Michael Omi et Richard Winant dans leur travail séminal sur la formation de la théorie raciale, la race est un concept dynamique et mouvant qui s’est reconfiguré à la faveur de bouleversements sociaux ou de luttes politiques. A l’heure où la question du multiculturalisme se pose chaque jour avec davantage d’acuité dans nos sociétés, nous souhaitons revenir sur les rapports entre race et science. Si, en tant qu’outil de domination, la notion de race occupe une place fondamentale dans les champs de l’histoire politique et de l’histoire sociale – au moins dans le monde anglo-américain –, celles-ci ont trop souvent oblitéré la dimension scientifique du concept, la reléguant dans les limbes de la pseudo-scientificité. Dans un cadre chronologique étendu, du XIXe au XXe siècle, l’attention sera portée sur l’histoire des usages des catégorisations raciales par les sciences dans les mondes atlantiques.
Au-delà d’une perspective scientifico-centrée, qui ferait de la race un concept immuable se diffusant du sommet vers la base de la société, nous souhaitons mettre en avant la diversité des formes d’appropriation et de négociations sociales dont elle fut l’objet afin de pouvoir appréhender cette histoire dans toute sa complexité. Il s’agit également de comprendre comment certaines institutions, comme les hôpitaux, l’armée, les administrations chargées du contrôle migratoire, se sont emparées de ces savoirs scientifiques de la race et les ont mis en œuvre.
Cette journée portera sur l’ensemble du monde atlantique, dans une perspective transnationale, mais prêtera une attention particulière à l’Europe et aux Amériques.
Comité d’organisation :
Jean-Paul Lallemand-Stempak, Juan José Heredia Neyra, Antonio de Almeida Mendes, Clément Thibaud, Aanor Le Mouël.
Contact :
Aanor Le Mouël : aanor.le-mouel@univ-nantes.fr
Partenaires :
Région Pays de la Loire, Archives départementales de Loire-Atlantique
Source de l’information :
http://www.staraco.org/fr/recherche/journ%C3%A9es-d%C3%A9tudes/du-sang-des-cr%C3%A2nes-et-des-g%C3%A8nes-science-savoirs-et-cat%C3%A9gorisations
http://www.crhia.fr/actu.php?num_actu=395#bloc -
Coup de projecteur sur deux collections récentes d’histoire impériale chez Vendémiaire et Le Manuscrit
Le 10 juin 2015 à 20h46
Coup de projecteur sur deux collections récentes d’histoire impériale chez Vendémiaire et Le Manuscrit.
La collection "Empires" est dirigée chez Vendémiaire par Sophie Dulucq et Jean-François Klein.
"Empires entend mettre l’accent sur l’importance des échanges entre les différentes aires coloniales : une histoire connectée, qui prend en compte la circulation des marchandises, des hommes, des idées, des cultures, qui ne se fait pas seulement de la métropole vers les colonies, mais aussi entre ces dernières. Sortant du débat entre les adeptes d’une « colonisation positive » et ceux qui réduisent le phénomène à une exploitation sans limites des territoires conquis, Empires cherche à rendre la complexité des rapports entre colonisateurs et colonisés."
– Défendre l’Empire. Des conflits oubliés à l’oubli des combattants, 1945-2000, Frédéric GARAN (dir.)
– Entre l’Espagne et la France. L’Algérie des Pieds-Noirs, Anne DULPHY
– Domestiques indochinois, Solène GRANIER
– Devoir d’intervenir ? L’expédition « humanitaire » de la France au Liban, 1860, Yann BOUYRAT
– Des Vietnamiens dans la Grande Guerre, Mireille LE VAN HO
– Fantômas sous les tropiques. Aller au cinéma en Afrique coloniale, Odile GOERG
La collection "Carrefours d’empires" est dirigée, aux éditions Le Manuscrit par Christine de Gemeaux.
"Cette collection envisage les Empires et les Colonisations au pluriel, sans se concentrer uniquement sur l’histoire coloniale française. Les ouvrages viennent rejoindre l’histoire politique et culturelle, et s’intéressent aux littératures coloniales et postcoloniales pour étudier notamment les contiguïtés ou les successivités des instances colonisatrices ou dominantes et leurs discours, les impérialismes continentaux, les questions post et néocoloniales."
– L’Europe coloniale et le grand tournant de la Conférence de Berlin, Christine de Gemeaux, Amaury Lorin (eds.)
– Discours et contre-discours sur le Togo sous l’Empire allemand de Kuassi Amétowoyona Akakpo
– L’autorité coloniale en Indochine, Jean-Jacques Tatin-Gourier et Christine de Gemeaux (eds.)
– Utopies coloniales autour de 1900, Catherine Repussard
– (Post) colonisation - (Post) migration. Ces allemands entre Allemagne et Roumanie, Gwenola Sebaux
Enfin, on en profitera pour signaler la grande collection impériale et coloniale anglo-saxonne "Imperial & Colonial History Books" chez Routledge, riche de 397 titres. -
Paru récemment Final Passages. The Intercolonial Slave Trade of British America, 1619-1807 de Gregory E. O’Malley aux UNCP
Le 10 juin 2015 à 16h29
Paru récemment Final Passages. The Intercolonial Slave Trade of British America, 1619-1807 de Gregory E. O’Malley aux University of North Carolina Press, 2014, 416 p. ISBN 978-1-4696-1534-9 Prix : 45 $ (existe aussi en version électronique).
Published for the Omohundro Institute of Early American History and Culture, Williamsburg, Virginia.
"This work explores a neglected aspect of the forced migration of African laborers to the Americas. Hundreds of thousands of captive Africans continued their journeys after the Middle Passage across the Atlantic. Colonial merchants purchased and then transshipped many of these captives to other colonies for resale. Not only did this trade increase death rates and the social and cultural isolation of Africans ; it also fed the expansion of British slavery and trafficking of captives to foreign empires, contributing to Britain’s preeminence in the transatlantic slave trade by the mid-eighteenth century. The pursuit of profits from exploiting enslaved people as commodities facilitated exchanges across borders, loosening mercantile restrictions and expanding capitalist networks.
Drawing on a database of over seven thousand intercolonial slave trading voyages compiled from port records, newspapers, and merchant accounts, O’Malley identifies and quantifies the major routes of this intercolonial slave trade. He argues that such voyages were a crucial component in the development of slavery in the Caribbean and North America and that trade in the unfree led to experimentation with free trade between empires."
Gregory E. O’Malley is associate professor of history at the University of California, Santa Cruz.
Elsa Goveia Book Prize, Association of Caribbean Historians -
Vient de paraître L’autorité coloniale en Indochine : De la pacification au "malaise indochinois" des années 1930 sous la direction de Jean-Jacques Tatin-Gourier et de Christine de Gemeaux aux éditions Le Manuscrit
Le 9 juin 2015 à 16h01
Vient de paraître L’autorité coloniale en Indochine. De la pacification au "malaise indochinois" des années 1930 sous la direction de Jean-Jacques Tatin-Gourier et de Christine de Gemeaux aux éditions Le Manuscrit, "Carrefours d’empires", 2015, 195 p. ISBN : 978-2-304-04486-7 Prix : 23,90 € (existe aussi en version électronique).
"N’envisager l’exercice de l’autorité coloniale en Indochine que sur le mode de la répression constituerait une erreur. La logique même du protectorat appelait nécessairement une offre d’association, si minime soit-elle. Et les formes de cette offre d’association à une "élite indigène" varièrent avec le développement économique, social et culturel de l’Indochine.
C’est dans ce cadre fluctuant que se produisirent nombre de rencontres dialogiques et que s’opérèrent des transferts culturels, débouchant parfois sur de véritables co-productions. Le développement de l’enseignement et la diffusion des savoirs revêtit alors un caractère crucial.
Mais il faut aussi envisager une production industrielle et agricole de plus en plus ouverte aux innovations scientifiques et techniques de membres de l’Institut Pasteur (Yersin et Calmette), l’identification d’un patrimoine archéologique et artistique indochinois varié, au-delà de l’art Khmer qui avait fasciné les premiers explorateurs.
Par delà les guerres, au-delà d’une indépendance chèrement acquise, ces transferts ont indéniablement marqué la culture vietnamienne contemporaine et son sens de l’autorité."
Directeur de l’équipe de recherche "Histoire des représentations", Jean Jacques Tatin-Gourier est l’auteur de plusieurs ouvrages consacrés aux Lumières et à la pensée politique du XVIIIe siècle. Il est également le directeur de la Collection "Réseaux de Lumière" aux éditions Le Manuscrit.
Christine de Gemeaux est l’auteure de plusieurs ouvrages sur l’Histoire coloniale et
culturelle du XlXe et XXe siècle. Elle enseigne également la civilisation allemande à l’Université François-Relais de Tours. Elle dirige la Collection "Carrefours d’Empires" aux éditions Le Manuscrit. -
Séminaire "Histoire sociale de l’Afrique orientale, de la mer Rouge et de l’océan Indien, XIXe-XXe siècles : archives, mémoires et circulations" 2014-2015 (Imaf, EHESS)
Le 9 juin 2015 à 15h38
Séminaire 2014-2015
Histoire sociale de l’Afrique orientale
De la mer Rouge et de l’océan Indien, XIXe-XXe siècles
Archives, mémoires et circulations
Séminaire organisé par Silvia Bruzzi (postdoctorante IMAF/Institut Émilie du Châtelet), Henri Médard (professeur Aix-Marseille Université/IMAF) et Elena Vezzadini (membre associée IMAF, postdoctorante Université de Bergen).
Séance 12 juin 2015 (salle 1)
Violaine Tisseau (IMAF) : « En quête des métis, entre catégorie coloniale et réalité sociale » et Clémence Pinaud (NYU Shanghai) : « Ethnicité et discours historiques en temps de crises politiques au Sud Soudan : de 1955 à 2014 »
Année universitaire 2014/2015
Périodicité : Vendredi de 15 h à 18 h
Localisation : EHESS salle 015, RdC, bâtiment Le France 190-198 av de France 75013 Paris.
Calendrier : 9 janvier, 6 février, 6 et 20 mars, 3 avril, 22 mai, 5 et 12 juin 2015. Les séances des 5 et 12 juin se dérouleront en salle 1 (même adresse).Présentation
Ce séminaire se focalise sur une partie de l’Afrique souvent négligée par les études africaines en France, et pourtant capitale pour comprendre les dynamiques du continent entier. Il vise à devenir un point de rencontre pour les étudiants et les chercheurs qui travaillent sur l’histoire sociale d’une Afrique s’étendant du Caire au Cap, une Afrique qui se noue au-delà des frontières nationales, à travers les circulations et les échanges multiformes des individus et des groupes dans un espace connecté avec la Méditerranéenne et l’Asie à travers la Mer Rouge et l’Océan Indien et au-delà avec les mondes atlantiques européens et américains.
L’Afrique de l’Est des XIXe-XXe siècles est un espace impérial extrêmement dense (entre empires ottoman, omanais, britannique, français, allemand, italien, et portugais), dont l’histoire est marquée par des tensions de nature économique et géopolitique mais aussi raciale et religieuse... Sans négliger le poids des questions politiques nationales et internationales et des systèmes impériaux, l’approche de ce séminaire reste avant tout sociale. Un large espace sera dédié aux questionnements méthodologiques dans l’écriture d’une histoire sociale s’appuyant sur des sources hétéroclites. Le point de départ, désormais consolidé, est que la construction des archives et la production de sources, ainsi que leur utilisation pour l’écriture de l’histoire, sont des actes chargés, intimement liés à un système de savoirs et de pouvoirs. Aussi, la cristallisation d’un récit « crédible » a souvent moins à voir avec ce qui s’est passé qu’avec l’« histoire de l’histoire », ou encore avec l’histoire de la mémoire. Par conséquent, ce séminaire propose de remettre en question les narrations par le haut en utilisant l’archive « contre elle-même », pour reprendre l’injonction d’Ann Laura Stoler. Le recours aux sources externes aux archives d’État (archives privées, collections de récits oraux ou encore circulation de certains répertoires musicaux ou de certains objets) participe pleinement à cette démarche.
Pour autant, il ne s’agit pas simplement de trouver des sources « alternatives » qui seraient plus « justes » ou plus « crédibles » et qui invalideraient certains récits dominants. Notre propos, au contraire, est de procéder par juxtaposition, c’est-à-dire confronter le récit qui s’esquisse à partir de différent types de sources – quand celles-ci sont disponibles – et interroger les contradictions générées par cette comparaison. En effet, on comprend le fait d’intégrer des sources « alternatives » comme des générateurs de complexité. Ces contradictions sont elles-mêmes des « traces » de conflits ou des silences qui nous permettent de nous rendre pleinement compte de la complexité et des réverbérations de l’histoire.
Nous aurons soin d’équilibrer les approches sans oublier l’autonomie des acteurs locaux et l’importance des logiques régionales tout en insistant sur le jeu d’échelles. Nous aborderons donc une Afrique orientale des XIXe-XXe siècles face aux impérialismes certes mais qui ne se réduit pas à eux, une Afrique contemporaine, des mémoires et des corps par exemple, enracinée dans un temps long.Calendrier des séances
– 9 janvier 2015 Séance introductive (salle 015) : Jean Fremigacci (IMAF-Paris 1) : « Madagascar 1947 : la crise violente comme ouverture exceptionnelle sur des sociétés colonisées »
– 6 février 2015 (salle 015) Anne Bang (Université de Bergen) : « From Hadramawt to East Africa : Arabs in East Africa in the 19th and 20th century and the many meanings of homeland. » et Philippe Petriat (IMAF-Paris 1) : « Les échanges en mer Rouge au début du 20e s. vus par différentes archives »
– 6 mars 2015 (salle 015) Marie-Aude Fouéré (EHESS) : « Quand les matériaux du passé alimentent le combat politique : les archives-hors-les-murs de Zanzibar » et Elena Vezzadini (Université de Bergen-IMAF) : « Secrets, silences et mensonges : les archives qui parlent mal (Soudan, XXe siècle) »
– 20 mars 2015 (salle 015) Valérie Golaz (INED-CEPED) et Claire Médard (IRD-URMIS) : « Migrations et environnement dans la région du Lac Albert (Ouganda) : Comment des informations localisées (recensements, presse, enquêtes de
terrain) mettent en lumière les transformations en cours » et Guillaume Blanc (Musée du Quai Branly) : « Écrire l’histoire environnementale contemporaine de l’Éthiopie : archives humaines, archives écrites, archives naturelles »
– 3 avril 2015 (salle 015) Henri Médard (IMAF-Université Aix-Marseille) : « L’échange inégal entre l’oral et l’écrit : l’oblitération des traditions écrites anciennes et l’hégémonie de l’imaginaire historique du mouvement des Bataka (Ouganda, 20e siècle) » et Marie-Laure Derat (CNRS-IMAF) : « Hagiographies de saints-rois éthiopiens, histoire des Zagwé et les échanges entre oralité et écriture entre les XVe et XVIIIe siècles »
– 22 mai 2015 (salle 015) Francesca Declich (Université d’Urbino) : « Music and performance as historical sources : examples from East Africa »
– 5 juin 2015 (salle 1) Silvia Bruzzi (IMAF-Institut Émilie du Châtelet) : « Images et corps des saints : mise en scène et fantasia dans l’Érythrée coloniale » et Estelle Sohier (Université de Genève) : "Images et corps des rois. Utilisation des sources visuelles pour une histoire de l’Éthiopie contemporaine"
– 12 juin 2015 (salle 1) Violaine Tisseau (IMAF) : « En quête des métis, entre catégorie coloniale et réalité sociale » et Clémence Pinaud (NYU Shanghai) : « Ethnicité et discours historiques en temps de crises politiques au Sud Soudan : de 1955 à 2014 » -
Vient paraître Des soldats noirs dans une guerre de blancs (1914-1922). Une histoire mondiale de Dick van Galen Last aux éditions de l’Université de Bruxelles
Le 9 juin 2015 à 12h37
Vient de paraître Des soldats noirs dans une guerre de blancs (1914-1922). Une histoire mondiale de Dick van Galen Last aux éditions de l’Université de Bruxelles, "Histoire, conflits, mondialisation", 2015, 292 p. ISBN : 978-2-8004-1583-3 Prix : 25 €.
Édité par Ralf Futselaar, avant-propos de Pieter Lagrou et Marc Michel. Traducteur : Paul-Louis van Berg.
" La France fut le seul pays belligérant à engager des soldats noirs sur le front européen au cours de la première guerre mondiale. L’idéal universaliste de la République coloniale souvent invoqué fut-il un simple alibi idéologique destiné à justifier l’impérialisme ? Comment réagirent les populations civiles qui se trouvèrent souvent pour la première fois face à des noirs en chair et en os ? Quelles répercussions à court et à long terme eut ce brassage de populations sur la hiérarchie des races en vigueur à l’époque en France mais aussi dans l’Empire britannique, toujours attaché à la suprématie blanche, aux États-Unis, où régnait la ségrégation, ou dans l’Allemagne vaincue, qui se voyait comme le dernier rempart de la Kultur, la gardienne de la « citadelle des valeurs » et ressentit l’occupation de la Rhénanie par des troupes noires comme la transgression ultime, comme une « colonisation inversée » ?
La campagne de propagande orchestrée par les autorités de Berlin contre « la honte noire » qui se déchaîna après l’entrée en vigueur du traité de Versailles, à grand renfort de fausses rumeurs et de fantasmes pornographiques, annonce l’hystérie raciste de l’Allemagne nazie. Pourquoi se répandit-elle comme une traînée de poudre bien au-delà des frontières allemandes ? Comment expliquer qu’elle ait réussi à mobiliser les organisations féminines d’horizons politiques divers et les mouvements ouvriers en Allemagne et à l’étranger, des pacifistes et militants anticolonialistes… ? Pourquoi le retour des anciens combattants provoqua-t-il des émeutes dans les villes portuaires anglaises et une recrudescence des lynchages dans le Sud des États-Unis ? Quelle influence eurent les rencontres entre les intellectuels et les militants noirs des deux côtés de l’Atlantique sur les mouvements d’émancipation et de défense des droits civiques et sur l’émergence d’une conscience noire à l’échelle mondiale ?
Telles sont quelques-unes des questions abordées dans l’ouvrage passionnant de Dick van Galen Last. Un ouvrage qui nous oblige à reconsidérer l’histoire du XXe siècle et qui intéressera autant le grand public que les spécialistes."
Introduction
-
Séminaire "Violences coloniales, violences impériales : comparaisons, circulations, transferts (XIXe-XXe siècle)" (Centre d’histoire de Sciences Po, 2015)
Le 9 juin 2015 à 12h14
Séminaire
Violences coloniales, violences impériales
comparaisons, circulations, transferts (XIXe-XXe siècle)
Centre d’Histoire de Sciences Po
56, rue Jacob
salle du Traité, 1er étage 75006 Paris
Séance du mercredi 10 juin 2015, de 13h30 à 16h30
Police coloniale et modalités de contrôle des comportements sexuels dans les colonies : une lecture par l’histoire du genre
– "Policing Gender and Sexuality in German Southwest Africa", Marie MUSCHALEK (Albert-Ludwigs-Universität Freiburg, Historisches Seminar)
– "“Being clean is being strong” : policing cleanliness and gay vices in the Netherlands Indies in the 1930s", Marieke BLOEMBERGEN (Leiden University/KITLV)
L’espace colonial est-il permissif, ou au contraire perçu comme une menace pour l’ordre genré ? Comment sont définies les normes sexuelles dans les colonies : qu’y est-il toléré, qu’y est-il interdit, et quelle différence avec la métropole ? Quelles sont les pratiques policières dans ce domaine ?
Le séminaire de recherche Violences coloniales et impériales organisé au sein du Centre d’histoire de Sciences Po étudie les violences coloniales dans la diversité de leurs formes, de leurs circulations et de leurs fonctions.De la conquête au travail forcé en passant par les brutalités quotidiennes et la gestion de la violence « d’en bas », les violences coloniales permettent d’approcher le phénomène colonial par le biais des pratiques plutôt que des systèmes. La violence physique de masse – dérèglement d’une domination routinière, vérité nue du rapport de force, violence paroxystique ou quotidienne - se trouve au croisement de différentes problématiques des études coloniales : celles des échelles des Empires, des pratiques et des gestuelles de violences et de la « transgression » des normes de violences en contexte colonial et impérial.
Le programme du séminaire favorise la mise en perspective des violences dans une aire géographique large : l’année dernière, les empires européens et les cas japonais et nord-américain ont été abordés. En 2014/2015, la discussion s’enrichira d’études de cas portant sur les Empires ottoman et russe, et s’attachera à étudier les transferts de violences des colonies vers les métropoles. Ce séminaire de recherche organisé par le Centre d’Histoire de Sciences Po propose un espace de discussion méthodologique et historiographique des violences de masse coloniales.
Les séances reprennent dès le second semestre de 2014/2015. Le séminaire est ouvert à tous les doctorants et chercheurs.
Organisateurs :
– Lancelot ARZEL,
– Aude-Cécile MONNOT,
– Victor LOUZON,
– Elissa MAILÄNDER et
– Jakob VOGELProgramme :
Séance d’introduction | 21 janvier 2015
Violences coloniales et impériales, un point théorique- "Paix impériale, violences impériales",
Hamit BOZARSLAN (EHESS/CESPRA)
Quels décalages entre espaces métropolitains et espaces périphériques, en termes de seuils de tolérance à la violence, de répertoires d’action ? Quelles différences peuvent exister sur ces questions entre les empires coloniaux européens et les empires continentaux (russe, ottoman) ? Comment sont mis en place et justifiés les modes de gestion différenciés entre centre et périphérie ?
Séance n°2 | 4 mars 2015
Séance annulée
La « pacification » : histoire d’un concept nomade- "Pennequin l’école française de pacification. Madagascar - Indochine (1883-1911)",
Jean-François KLEIN (Centre de Recherches en Histoire Internationale et Atlantique, Université de Nantes)
Quelle spécificité du vocabulaire et du modèle français de la pacification (Gallieni, Pennequin…) et de ses liens éventuels avec des modèles étrangers (d’où vient le terme ? a-t-il été repris, rejeté, modifié par d’autres puissances coloniales ?
Séance n°3 | 18 mars 2015
Armées impériales et expérience de la Grande Guerre- Cloé DRIEU (CNRS/EHESS Centre d’Études Turques, Balkaniques et Centrasiatiques CETOBAC)
Comment comprendre les révoltes de 1916 contre la conscription en Asie centrale ? Quelles techniques de répression sont mises en place pour les contenir, aussi bien par l’armée que les populations de colons locales ? Existe-t-il des échanges de savoir-faire répressifs entre l’Empire russe et d’autres pouvoirs coloniaux ?
Séance n°4 | 15 avril 2015
Des violences coloniales en métropole ?- "Répertoires et espaces coloniaux : la répression des manifestations d’Algériens à Paris (1949-1961)",
Emmanuel BLANCHARD (Centre de recherches sociologiques sur le droit et les institutions pénales, Université Versailles Saint-Quentin CESDIP/UVSQ) - "Corée/Japon : lieux coloniaux et post-coloniaux de la violence impériale –- Retour sur le grand massacre du Kantô (1923)",
Alain DELISSEN (EHESS Centre Corée, CNRS Chine/Corée/Japon, Institut d’Etudes Coréennes, Collège de France)
De quels types de violence sont victimes les colonisés en métropole ? Peut-on les appeler violences coloniales, autrement dit le rapport colonial est-il fondamentalement lié à une emprise territoriale, ou plutôt à des identités (juridique, raciale…) ?
Séance n°5 | 20 mai 2015
Les émeutes urbaines en situation coloniale- "Villes, mobilisations, répression : Alger, Casablanca et Paris, 1945-1962",
Jim HOUSE (University of Leeds)
L’urbanisation induite par la colonisation produit-elle des formes de violence spécifique ? Quel est leur rapport avec les émeutes urbaines de l’Europe de la révolution industrielle ? De même qu’en est-il des pratiques de répression ?
Séance spéciale | 27 mai 2015, de 13h30 à 16h30
Les sources visuelles de la violence coloniale- "Autour du documentaire, « L’Empire du Milieu du Sud », 2010",
Éric DEROO (chercheur associé au CNRS/UMR 7268 Anthropologie bioculturelle)
Comment l’historien peut-il utiliser les sources visuelles pour documenter la violence coloniale ?
Séance n°6 | 10 juin 2015
Police coloniale et modalités de contrôle des comportements sexuels dans les colonies : une lecture par l’histoire du genre- "Policing Gender and Sexuality in German Southwest Africa",
Marie MUSCHALEK (Albert-Ludwigs-Universität Freiburg, Historisches Seminar) - "“Being clean is being strong” : policing cleanliness and gay vices in the Netherlands Indies in the 1930s",
Marieke BLOEMBERGEN (Leiden University/KITLV)
L’espace colonial est-il permissif, ou au contraire perçu comme une menace pour l’ordre genré ? Comment sont définies les normes sexuelles dans les colonies : qu’y est-il toléré, qu’y est-il interdit, et quelle différence avec la métropole ? Quelles sont les pratiques policières dans ce domaine ?
Contact :
Victor Louzon : victor.louzon@sciencespo.fr - "Paix impériale, violences impériales",
-
Colloque "Regards croisés : Canada-Europe" / Congrès d’études canadiennes (Nantes - 10-13 juin 2015)
Le 8 juin 2015 à 21h55
Françoise Le Jeune, Professeure de civilisation nord-américaine au CRHIA-Nantes, organise le colloque / congrès de l’AFEC sur le thème :
« Regards croisés : Canada - Europe »
« New perspectives on the Canada - Europe partnership »
Université de Nantes
10 juin 2015 - 13 juin 2015
"Les liens entre le Canada et la « vieille » Europe nourrissent des échanges économiques, politiques et culturels depuis la création de la Confédération canadienne en 1867. Dans le cadre de l’axe L’Europe, les Européens et le monde du LabEx EHNE, et les projets collectifs de recherche de plusieurs laboratoires en sciences humaines et sociales de l’université de Nantes, il semble intéressant de réfléchir aux regards croisés que pose le Canada sur l’Europe et vice-versa, à travers l’histoire récente (XXème-XXIème siècles). Les regards croisés menant aux pratiques croisées, en quoi l’Europe inspire-t-elle le Canada ? Comment les deux espaces se nourrissent-ils de ces échanges réciproques ? Nous analyserons ces questions sous l’angle de l’histoire, la sociologie, la géographie, la littérature et le droit international."
Son Excellence l’ambassadeur du Canada en France, Lawrence Canon, prononcera une allocution le 11 juin à 9h sur "Les relations France-Canada depuis la visite de François Hollande".
Pour participer au colloque l’inscription est obligatoire : CLIQUER ICI POUR ACCEDER A LA PLATEFORME
Clôture des inscriptions le lundi 8 juin 2015 à 12h
Télécharger le programme du colloque
Pour mémoire, l’appel à communication.
-
Colloque international "Travail libre/Travail forcé. Contraintes locales et dynamiques globales. Afrique, Europe, Asie, du XVIe siècle à nos jours" (Paris, 8-10 juin 2015)
Le 7 juin 2015 à 14h47
Colloque international
Travail libre/Travail forcé
Contraintes locales et dynamiques globales
Afrique, Europe, Asie, du XVIe siècle à nos jours
Paris, 8-10 juin 2015
Colloque international, coordonné par Alessandro Stanziani (EHESS) :
– 8 & 9 juin : Salle Claude Levi-Strauss, n °3
Collège de France – 52, rue du Cardinal Lemoine – 75005 Paris
– 10 juin : Salle Denys Lombard
EHESS – 96, boulevard Raspail – 75006 Paris
Programme du colloque
"Les tensions entre travail libre et travail forcé ne peuvent se résumer aux passages canoniques du féodalisme au capitalisme en Europe, de l’esclavage à la liberté dans l’espace Atlantique. Au contraire, ces tensions concernent toutes les régions du monde sur la très longue durée, bien avant l’expansion européenne et au-delà des changements institutionnels tels que la Révolution française ou le mouvement abolitionniste. En témoignent les millions de personnes – hommes, femmes, enfants – en état d’esclavage ou de dépendance absolue de nos jours, de l’Afrique, à l’Inde, à l’Asie du Sud-Est et à la Chine, sans oublier l’Amérique latine et, bien entendu, les travailleurs au noir et les immigrés clandestins en Europe et aux USA. Ce colloque se propose de rendre compte des relations entre coercition et travail sur la longue durée, du XVIe siècle jusqu’à nos jours, sur des espaces multiples et hiérarchisés en Afrique, en Asie et en Europe.Free/unfree labor : local constraints and global dynamics. Africa, Europe, Asia, 16th century to present days
Tensions between free and unfree labor cannot be resumed to the classical passages from feudalism to capitalism in Europe, from slavery to freedom across the Atlantic. To the contrary, these tensions concern all the world regions and on the very longue durée, well before the European expansion and well after the French revolution and the abolitionist movement. Millions of bonded people in Africa, India, South-East Asia and China, not to forget Latin America and the “West” itself testify to this persistence.
This workshop aims at discussing the tensions between labor and coercion since the 16th century to present days in multiple, hierarchical spaces over Africa, Asia, the Americas and Europe. Scholars from different fields –historians, economists, sociologists-, NGOs and ILO representatives will take part to the discussions."
Source de l’information :
http://imaf.cnrs.fr/spip.php?article838
http://crh.ehess.fr/index.php?4563 -
Vient de paraître Les médecins de l’Assistance médicale en Indochine (1905-1939) de Mathieu Rayssac chez L’Harmattan
Le 6 juin 2015 à 20h12
Vient de paraître Les médecins de l’Assistance médicale en Indochine (1905-1939) de Mathieu Rayssac chez L’Harmattan, "Médecine à travers les siècles", 2015, 166 p. ISBN : 978-2-343-05991-4 Prix : 15,68 € (existe aussi en version électronique).
"L’établissement de la France en Indochine a conduit à la création en 1905 de l’Assistance médicale indigène et d’un corps de médecins de l’Assistance, dépendant du budget du gouvernement général de l’Indochine. Médecine préventive puis curative, mais aussi médecine légale, coordination de soins, recherche, enseignement, diplomatie. Cette étude apporte un éclairage sur l’intervention de la France en Asie et pointe les difficultés de l’installation d’un système médical dans un environnement sous contraintes démographiques, géographiques et économiques."
Merci à Alexandre Klein pour la diffusion de l’information sur Twitter : https://twitter.com/kleinalexandre/status/607164477897904128

















